This is it. Michael Jackson le Roi de la pop est bien mort. Physiquement of course. Je l'ai compris cet après-midi après avoir vu le film dans une petite salle marseillaise pas comble du tout. Au générique de fin, tout le monde s'est levé et a applaudi longuement. Immense tristesse partagée.
Comme pour Bashung, l'injustice taraude. C'est dur de se dire qu'il
n'y aura plus de nouvel album et que le génie se décompose lentement dans un somptueux cercueil en bronze doré à l'or fin. Nous n'entendrons dorénavant que des répétitions de ce que nous
connaissions déjà par cœur avec, pour enrichir un peu plus leurs descendants, des essais niés par leur auteur qui les avait mis au rebut.
Pour Michael, j'ai enfilé des œillères. J'ai refusé de lire et d'entendre la réalité en face depuis cet innommable mois de juin 2009 et ne me suis pas ruée pour voir il y a dix jours le
film 'This Is It' de Kenny Ortega. Reculer pour mieux sauter. J'ai finalement cédé sous la pression de l'unique quinzaine de jours de diffusion. J'ai vu le film.
Dans mon paysage de la pop music, Michael Jackson a toujours été une
sorte de fulgurance surnaturelle doté d'un talent inouï, mêlé à une sensibilité aiguë où tous les délires m'ont été permis grâce à ses horizons musicaux extraordinairement novateurs. Comme tous
ces êtres d'exceptions, il a tout eu et parce qu'il a tout eu, les fées se sont transformées en sorcières. Rien ne lui a été épargné. Sous les coups paternels, d'enfance il n'aura donc pas eue, enfance il lui faudra donc se construire. Le
complexe de Peter Pan qui l'habitait ouvrait une manne magnifique aux escrocs prêts à tous les chantages. Que pouvait-il faire sinon les payer ? Facile maintenant de crier au génie surtout par
ceux qui le traitaient (et le traitent encore) de pédophile.
Clamant son innocence, je le verrai toujours, visage hébété,
vacillant et porté devant les juges qu'il n'avait pas refusé d'affronter. Dressés par leurs parents, les
témoignages des enfants étaient des faux. Il a subi les humiliantes vérifications, noyé son chagrin dans tous les moyens d'oublis. Relaxé, acquitté, aucune charge ne sera retenue contre lui
mais il sera toujours pointé du doigt sauf les maîtres chanteurs et extorqueurs de fonds qui l'ont dépouillé. Les enfants accusateurs grandissent. Que la Honte soit toujours sur eux. Mais la
diffamation a toujours été coriace, c'est la teigne de la légende qui naît. Elle sera colportée sans état d'âme, comptez sur elle.
Le film. Staples Center à Los Angeles. Préparatifs de la tournée
This Is It prévue à Londres. Pour ses besoins d'archives personnelles, Michael demande deux caméras pour filmer sans discontinuer l'ensemble des répétitions. C'est grâce à ce désir
perfectionniste de 'MJ', comme son équipe le surnomme, que nous pouvons aujourd'hui assister à ce splendide dernier show et mesurer le vide qu'il laisse. C'est aussi donner aux millions de fans
dans leur manque et juste pour quelques euros, une place inespérée au tout premier rang du mythique concert 'This Is It'.
Je pensais découvrir un documentaire posthume. Je découvre une parfaite réalisation magistralement orchestrée. Les moyens techniques sont les plus novateurs et les musiciens élus des monstres de
virtuosité. La meilleure guitariste du monde, la blonde et adorable Orianthi Panagaris est stupéfiante de riffs déchirés. Leurs échanges
scéniques sont un vrai régal. Un casting pour dénicher les danseurs nous laisse découvrir l'implacable regard
du chorégraphe. Décors gigantesques, les films conçus et choisis pour nourrir le spectacle ont les meilleurs réalisateurs des dernières trouvailles que la cervelle inouïe de Michael est allée
imaginer.
On découvre un très beau montage en noir et blanc d'un Humphrey Bogart, jaloux mais souriant, poursuivant Michael à coups de tirs imprécis, une reconstitution des Jackson Five, un splendide décor
pour 'Thriller', des effets pyrotechniques démesurés, des tremplins hydrauliques propulsant les danseurs sur la scène etc, etc. Chaque détail, de scènes, de films et chorégraphies a été pensé,
créé, cillé par Michael. Le hasard n'a donc aucune chance sur cette scène hantée.
Dès qu'il apparaît, Michael Jackson est époustouflant de charisme, professionnalisme et rigueur. La politesse et la gentillesse font partie intégrante de sa personnalité. Toujours présent pour
chacun, un petit mot de soutien, des remerciements plein la bouche dès que quelqu'un s'inquiète pour lui. Très touchant dans son engagement pour l'environnement de la planète, le film
d'illustrations est superbe. C'était 'le' grand moment de son show. Il y tenait beaucoup. Et puis, cet état de grâce pure.
On ne peut détacher les yeux de sa magnétique présence. Ce génie de la danse bouge comme lui seul a toujours été capable de le faire et les jeunes danseurs sélectionnés (les meilleurs !) qui
l'accompagnent sont stupéfaits devant sa virtuosité, sa facilité d'exécution, cette unique gestuelle, inimitable. Ils ont
vingt ans, il en a cinquante !
Bien sûr, les mauvais papiers ont dit qu'il est très maigre et maladif (l'autopsie dira qu'il était en parfaite santé), qu'il est usé et n'arrive pas à monter sa voix (il retient sa voix pour la protéger, banal dans toute répétition, quant à sa forme, elle est 'olympique', et qu'il a volé au charognard Paul Anka pour la rebaptiser sienne, la chanson phare 'This Is It', ce qui est totalement faux puisqu'ils l'ont co-écrite il y a quelques années ! Bien content le Paul de toucher les 50% de droits d'auteur qui dorénavant vont lui revenir. Cette chanson faisait partie du grand nombre de rejetées par Michael. Dans le texte qu'il a remanié pour illustrer sa tournée, il n'est question que d'amour. Nothing else...
Alors on peut tout dire. Que ce film n'est qu'un gigantesque profit
pour Kenny Ortega et la masse d'investisseurs de cette phénoménale entreprise que représente une tournée Jackson. Sûrement. Mais le film est une réussite. Pas de mélo, pas de sensiblerie
indécente, et le son, si la copie est bonne, est un grand moment à vivre. Dansez dans la salle avec lui. N'hésitez pas. Il n'attend que ça.
This Is It-
Voilà, C'est ici que je me tiens
Je suis la lumière du monde, je me sens grand
Je peux sentir cet amour
Et je sais, pour sûr, qu'il est réel
J'ai l'impression d'avoir vu ton visage un millier de fois
Et tu dis toi-même que tu me connais vraiment
Et Je vois dans tes yeux que tu ne peux plus te passer de moi
Mais tu dis que tu vas vivre cet amour pour toi-même
Je n'avais jamais entendu parler de toi
Tomber amoureux n'était pas dans mes projets
Je n'ai jamais pensé que je serais ton amant
Allez, essaie de comprendre
C'est ça, je peux le dire
Je suis la lumière du monde, fuis
Toi et moi on le sent, c'est réel
A chaque fois que je suis amoureux, je le sens
Et j'ai l'impression de te connaître depuis mille ans
Et tu me dis que tu avais déjà vu mon visage avant
Et tu me dis que tu ne veux plus me voir errer
Tant de fois auparavant, c'est exactement ce que je voulais faire
Je n'avais jamais entendu parler de toi
Tomber amoureux n'était pas dans mes projets
Je n'ai jamais pensé que je serais ton amant
Allez, essaie de comprendre
C'est ça, je peux le sentir
Je suis la lumière du monde, c'est réel
Ressens ma chanson
Je t'y raconte ce que je ressens
Et j'ai l'impression de te connaître depuis un millier d'année
Et tu m'as dis que tu me veux pour toi seule
Et tu m'as demandé de venir avec toi, un petit moment
Et je sais que c'est vraiment pour toi
Et je sais que c'est tellement plaisant
Je n'avais jamais entendu parler de toi
Tomber amoureux n'était pas dans mes projets
Je n'ai jamais pensé que je serais ton amant
Allez, essaie de comprendre
Traduction : Jade B.P
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