Il est temps de s'y mettre. 27 janvier, date incontournable. Mozart est né il y a 256 ans. Impossible de ne pas l'écrire mais pas la peine d'essayer de rêver à une quelconque similitude dans le genre même si moult génies du pipeau ou virtuoses du violon désaccordé pullulent sur la scène politique.
François Hollande a bluffé tout le monde avec son meeting réussi du Bourget. On ne sait que ça car la Terre entière
en a parlé en une vaste caisse de résonance fiévreuse. Rien à critiquer dans cette vitrine. Beau travail de préparation du candidat PS, sa compagne, Valérie Trierweiler, est
superbe et, heureusement pour lui, intelligente. Les prestations de la ou des sociétés de com ont été au top et la juteuse facture a peut-être été payée par les euros récoltés lors de la primaire
mais on en connaîtra le détail dans les comptes de campagne, ne soyons pas mesquins.
Miracle ! Ségolène sage comme une image ne fait pas de bourdes, les militants hurlent de bon coeur et le candidat n'a pas ânonné une seule fois. Exploit neurologique. Le discours du sauveur de la
France, fluide et sans hésitation, a été porté aux nues par tous ses militants et seul, DSK, avec sa grande séduction surdouée mais sans fibre populaire, aurait pu
faire mieux mais bon, on connaît sa piteuse
retraite.
Hier soir sur France 2, débat avec Alain Juppé. Le candidat Hollande, en tête des sondages, porté par les
dieux cléments, ne semble pas trébucher d'un poil de rat, ou de dragon plutôt, puisque c'est l'année en question, bref, il est déjà président et Juppé bizarrement réduit au rôle de challenger,
n'a pas la réplique assassine, il n'arrive pas à contrecarrer Hollande qui se pavane sur son dragon insolent . Mais où est-il allé chercher toute cette énergie surnaturelle ? Nicolas Sarkozy,
vieilli et taciturne, paraît en dépression, une sorte de pantin déjà au piquet, "incredible, my dear !"
"Donnez-moi une mesure de croissance !", martèle Hollande cinq ou six fois à Juppé à la fin du débat.
Juppé, classe distante, lui donne rendez-vous lundi pour donner la réponse qui sera forcément celle de Sarkozy. Il
aurait dû lui demander le prix de la baguette comme l'autre, dans les temps anciens de la croissance souveraine, et Juppé se serait lamentablement étalé.
La fin du débat se fera dans le cafouillis classique de celui qui doit absolument placer le dernier mot car celui qui a le dernier mot a toujours…
En revanche, j'ai bien aimé la perfidie de Juppé en un dernier étalonnage désespéré, le doigt narquois tendu vers Hollande :
"Aucun candidat favori en janvier n'a jamais été élu !" Na. Il y a du sorcier dans Juppé, c'est certain.
Vous imaginez, pour son discours de dimanche prochain, Nicolas Sarkozy refuser le combat ? Choisir le lâche retrait
vers le toril plutôt que le duel sanglant ?
Comment savoir ? Mais, pour nous, obscurantisme en tétine, de changement il n'y aura pas. Nous continuerons de nager dans ces eaux nauséeuses en tentant désespérément une respiration ventrale,
sinon, la crise !
Donc, vous disais-je, aujourd'hui, 27 janvier, n'oubliez pas…
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