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Blog D’Opinion D’ Hélène Pastore, Politique, Culture, Sur Tous Les Fronts...

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Texte Libre

BONNE  ANNÉE  2017 !! ;)))

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        Charlie 7 janvier 2015 

         Soutien indéfectible 

Agenda culturel local

Programmations actuelles

---lA CRIEEéjpgThéâtre de La Criée 

 

----theatre-du-gymnase-1368539733-28130Les Théâtres de Dominique Bluzet

 

-----silojpg-copie-1.jpgLe Silo 

     

-----pav-noir.jpgPavillon Noir 

Stats du blog

Malgré sa longue pause, le blog a quand même en moyenne + de 300 visites/j avec des pics selon l'actu. Soit 10.000 visiteurs uniques /mois

Les articles les plus lus en 2016 :

1 : Trets, les Féraud, et la secte Soka Gakka

 2 : André-Pierre Gignac, carton rouge pour une poussette

Commentaires les plus lus en 2016 :

1 : Trets, les Féraud, et la secte Soka Gakkaï

2 : Sophie de Menton, Franck Tanguy, les affreux 'GG' de RMC  !
 

 

Messages permanents

identifiant du blog : Hélène Pastore. Ne pas confondre avec Hélène Pastor assassinée à Monaco...

Le modérateur est mis ou retiré selon la teneur des articles. Ceux qui seraient dégradants, insultants sont immédiatement retirés ou non publiés. Par temps de pause du blog les commentaires ne sont pas activés.

- Petit marché minable, au sujet du pillage par le journal La Provence édition Pays d'Aix (Nicolas Rey rédacteur en chef) par Romain Capdepon de mon article exclusif sur André-Pierre Gignac  sans même me sourcer (qui a fait le tour  des médias européens en quelques heures jusqu'au plateau de Canal+ le soir même info relayée au nom du journal La Provence), le directeur de publication, Philippe Minard, a été contacté par lettre en AR mais n'a pas daigné me répondre... Je n'hésiterai pas à donner toutes suites prévues par la loi à la moindre récidive.- La Cour de cassation vient de défendre les droits de libertés de la presse aux blogs, mêmes anonymes, Article sur le site RUE 89.

- Messages de remerciements : Je remercie chaleureusement tous ceux qui m'ont soutenue pour la tempête provoquée par l'article 'Trets, les Féraud, et la secte Soka Gakkai" , mails et commentaires sur ce blog (je n'autorise plus les nouveaux commentaires sur cet article, agréables ou insultants). Merci entre autres aux big boss nationaux Jacques Rosselin  Alexandre Piquart (Le Monde). Pour info, Jean-Claude FERAUD, UMP, toujours maire de Trets, n'a jamais été inquiété ni même interrogé par la presse locale bien trop peureuse de s'attaquer à la Soka Gakkai. L'article est un des plus lus quotidiennement dans le blog.

Je remercie infiniment mon avocat et ami Maître Benoît Petit pour son total investissement et son engagement sans faille dans mon assignation intentée par la Soka Gakkaï en 2010. En effet, la SG se portait partie civile en portant plainte pour diffamation pour mon article Trets, les Feraud, et la secte Soka Gakkaï  - Détail :

- Procès du 15.02 2013 au TGI de Paris (17eme chambre), décision du 29.03.2013, je suis relaxée  
- Appel de la SG : audience le 29.01.2014. Le 27.03. 2014 la Cour d'appel de Paris confirme la 1ere décision
- Pourvoi en cassation de la SG le 28 mars 2014


Le 19.12.2014 / ORDONNANCE DU PARQUET DE LA COUR D'APPEL, 34 RUE DES ORFEVRES, 75055 Paris :

-l'Association culturelle Soka Gakkaï et l'Association culturelle du bouddhisme de Nichiren, parties civiles, se désistent du pourvoi par elles formé le 28 mars 2014 contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris, chambre 2-7, en date du 27 mars 2014 contre Mme HELENE PASTORE du chef de diffamation publique envers un particulier-  Procès gagné ! Mon article est donc protégé par un jugement de justice de mon pays. 

Je remercie Marianne de m'avoir publiée ainsi qu'à l'équipe de Jacques Rosselin pour avoir sélectionné mon blog parmi les 100 meilleurs blogs féminins de France

 

17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:39

Une thérapie du corps après le carnage d'un cancer, il fallait y penser. Jean-Loup Mouysset, jeune et beau docteur oncologue s'y est attelé. Après dix ans d'action avec l'Association Ressource, il crée en 2011 à Aix-les-Milles le Centre Ressource, unique en France, qui propose un pacte avec le patient, un contrat d'accompagnement thérapeutique pendant un an où il doit suivre les traitements et participer aux groupes de paroles pour aider les autres malades. A Aix, au Centre Ressource de Jean-Loup Mouysset, une armada de bénévoles est au service du patient, ostéopathes, masseurs, réflexologues, esthéticiennes, psychologues, assistantes sociales, qui sont parfois d'anciens malades. On estime que ce pacte permet de doubler la survie d'un malade et réduirait de 68% le nombre de décès. L'équipe de Michel Cymes de France5 avait fait un très beau reportagea sur ce centre exemplaire diffusé en direct en mai 2012. Malheureusement cette association remarquable n'est pas soutenue par les autorités politiques qui méprisent chaque invitation lancée par les organisateurs. Jeudi 11 octobre, Centre Ressource se devait d'organiser une journée de sensibilisation du grand public sur le cancer.

L'idée du Ruban de l'Espoir popularisé par un ruban rose n'est pas nouvelle. Soutenu par le Ministère de la Santé et l'Institut national du cancer, c'est la déclinaison française du ruban rose international pour la lutte contre le cancer. C'est le fameux octobre rose qui permet de récolter des dons, d'informer, de dépister. En ce moment, sur nos écrans, nous voyons Sophie Davant et Naguy les yeux en reproche poser la fameuse question aux femmes : - Quand avez-vous fait votre dernière mammographie ? Bref, l'engagement est suivi et même si en France on est loin du colossal tapage américain où, pendant ce mois-là, les gens s'habillent en rose relayant efficacement le message.

A l'initiative de Jean-Loup Mouysset, Aix faisait partie des dix sept villes sélectionnées pour l'opération nationale. Il en a évidemment informé la mairie, demandé l'affichage, ce qui n'a pas été fait. La ville de Rouen s'est largement mobilisée. Paris a illuminé de rose l'Opéra Garnier mais la capitale est assez tiède car elle pourrait faire mille fois plus avec la force de ses entreprises comme sponsors. Par exemple, Fécamp, petit port de la Manche en avait fait un haut symbole festif en octobre 2011. Une coulée de roses sur la ville. Les commerçants avaient décoré leurs vitrines en rose, les gens étaient vêtus de rose. La ville exposait de vieux gréements dans son port illuminé, jeux d'ombres chinoises, parterres de végétation colorés, lampions, flambeaux. Les médecins et associations présents discutaient avec le public. Le cancer se devait d'être tout sauf une catastrophe à cacher.

Ce jeudi 11 octobre, l'établissement pensait donc accueillir beaucoup de monde, la presse, les entreprises, le public, et avait prévu tout un programme, la visite du centre, un défilé de mode, la cantatrice, Larenka Hoareau, qui devait chanter autour d'un ruban humain. Le journal local et France3 Provence avaient annoncé l'événement et les organisateurs du centre envoyé près de 6.000 mails ! L'association basée à la Z.I des Milles qui compte plus de 2.000 entreprises voisines a évidemment contacté cette puissante force économique. Elle a distribué plus de 300 flyers aux sorties de bureaux, carrefours, bref, elle n'a pas lésiné sur la diffusion de cette importante manifestation d'ordre national.

Le four. France3 Provence annoncée en chemin se déroute pour un nouvel assassinat en cité à Marseille, seuls présents deux ou trois photographes mais dont nous ne verrons aucune photo dans les journaux par la suite (La Provence ne fera rien paraître). L'adjoint à l'environnement Victor Tonin fera un rapide bla-bla après le défilé et disparaîtra, absent donc sur les photos prises par le centre et surtout, quasiment aucune entreprise de la Z.I sur les milliers contactées, c'est vraiment honteux pour elles ! Je cite les présentes à quelques rares près : Santé au travail en Provence (qui a prêté les chapiteaux, fourni le cocktail, etc.), Crédit Mutuel, Cronoprint, Holitica, ZM communications, AramineActiform, ART Promotion.

Au sujet des subventions du Centre Ressource qui ne fonctionne principalement que par les dons, il faut noter que le Conseil Général des BDR (qui a la compétence de l'action sociale et préventive) attribue 12.000€ (qui ne représentent que 3% du budget de l'association), la Communauté du Pays d'Aix verse 13.000€, laquelle somme divisée par ses 34 communes fait 382€/commune en moyenne, soit 2.93% chacune !

Maryse Joissains maintes fois contactée ne pouvait pas ignorer ce jeudi 11, mais ne s'est jamais déplacée pas plus que sa fille Sophie (il est pourtant de notoriété publique qu'elle a été touchée par un cancer). Elles auraient pu soutenir avec poids cette association en un tel jour célébré en France. La ville ne s'est donc pas illustrée alors qu'elle se devait de le faire. En revanche, beau geste de la part du Pasino à l'égard du Centre Ressource qui met régulièrement et gracieusement à disposition sa grande salle pour de telles manifestations. Eux au moins, savent jouer le jeu.

 

Centre Ressource- Pôle d'activités d'Aix-en-Provence- 1140 rue André Ampère- Actimart 2- 13851 Aix

 

                    Vidéo du reportage de Michel Cymes de France5 sur le Centre Ressource, "Le journal de la santé".

 

centre ressource

                   Une partie de l'équipe de Centre Ressource ce jeudi 11 octobre (photo Cixi-Hélène)

 

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                                                             Le pic du Midi superbement illuminé en ce mois octobre

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 01:38

Il y a une semaine, jour pour jour, je retrouvais le Sud et Aix-en-Provence munie d'une invitation pour l'inauguration du site Mémorial du Camp des Milles, seul camp d'internement et de déportation encore intact qui subsiste en France. Difficile d'ignorer cet événement annoncé par une grande partie des médias nationaux à la grande surprise de beaucoup de Français qui ne connaissaient pas l'existence de ce camp dont il faut rappeler que ce fut une gigantesque tuilerie centenaire s'étalant sur sept hectares.

Bizarrement, la presse nationale et locale a situé le village des Milles "près d'Aix", "à côté d'Aix", "proche d'Aix", "au Sud d'Aix", comme si le camp tragique ne faisait pas partie de la commune d'Aix-en-Provence. Mais Aix ou Les Milles, c'est la même chose ! D'ailleurs le cimetière du village est l'extension logique de celui du centre ville d'Aix, Saint-Pierre, qui est depuis longtemps saturé. Bon nombre de familles aixoises y reposent. 

Les Milles sont rattachés à Aix depuis 1903 ! Et sa mairie est devenue la première mairie annexe de la ville. Etrange n'est-ce pas cet oubli d'Aix pour "son camp". Il est plus flatteur de présenter pour le tourisme Aix comme étant rattachée à son festival d'art lyrique, perpétuelle ode à Mozart, que de l'associer à un camp d'internement et de déportation. Mais bon…

Ce lundi 10 septembre, sous une chaleur écrasante, je faisais la queue au beau milieu des G3, c'est-à-dire les invités de troisième catégorie. Après les contrôles classiques, (pièce d'identité, carton d'invitation et confirmation préalable obligatoire) pas de passage sous des détecteurs malgré le service de sécurité de Matignon soi-disant en alerte rouge (veille du 11 septembre, possibilités d'attentats antisémites) et une impressionnante présence policière liée à la venue du premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

L'organisation du site avait sous-estimé la température quasi caniculaire de cette journée. Des barrières séparaient les G1, G2 des G3. G1 Matignon, ambassadeurs, G2 officiels locaux, G3 invités. Devant l'imposante bâtisse, une petite estrade surplombée d'une bâche blanche attendait les intervenants mais rien pour protéger de la chaleur les cervelles forcément sublimes des officiels. Des parapluies de pluie noirs leur furent finalement distribués. Mais rien pour tous les G3, dont beaucoup de personnes âgées, qui se précipitaient sur les bouteilles d'eau passant devant elles mais destinées aux officiels. Pour les G3, seulement deux tentes. L'une avec quelques chaises prises d'assaut et l'autre où on servait à boire. Les gens s'asseyaient un peu n'importe où pour y trouver de l'ombre en attendant l'heure du début de la cérémonie. Atmosphère digne et tenues en rapport. Pas vraiment de couleurs susceptibles de venir égayer un œil résolument sombre et pour cause…

Les G2 arrivaient petit à petit. Christian Kert, Maryse Joissains étonnamment en bémol mais qui avait dû être briefée, Alexandre Medvedowsky, prochain candidat à l'investiture primaire PS à la mairie d'Aix, accompagné de son père, mémoire vivante de Schléma Medvedowsky, immigré russe, mobilisé comme Médecin lieutenant, résistant, fusillé par la milice de Vichy, qui reçut la médaille militaire de la Résistance et la Croix de guerre avec palmes à titre posthume. Respect.

Eugène Caselli et Jean-Noël Guérini, notre toujours président du CG, ont fait un duo attendrissant. Ils ne se quittaient pas. Debout, comme assis. Toujours à côté l'un de l'autre. Touchant. Car Jean-Noël Guérini faisait un retour officiel pseudo-triomphant mais certainement éphémère. Beaucoup d'arrogance dans son regard devant les officiels locaux PS qui l'ont donné pour mort. Normal. Mais la meute c'est la meute. Il lui faut être prudente pour exister. Pour l'instant, mieux vaut écarter celui qui les discrédite et qui a un passé un peu trop marqué avec Martine Aubry. Cerise sur le gâteau de JNG, le premier ministre dans son discours le remerciera, le citant, évidemment sans l'ombre d'un battement de cil trahissant sa mise en examen sur des marchés publics présumés frauduleux. Cool Jean-Marc Ayrault. Il est vrai que le CG de JNG a quand même contribué à quelque 500.000€ pour la rénovation du site qui aurait dû être détruit en 1983. 

Patrick Mennucci (avait-il sa veste doublée de satin rouge ?) n'en pouvait plus devant ce parterre ministériel. Pas simple d'acquérir une élégance de style quand on n'a pas les bases essentielles. Quel travail en perspective pour briguer correctement Marseille en 2014. Surprise ! Stéphane Salord était présent mais pas avec les G2. Il était parqué avec les G3 au-delà de la barrière séparatrice des élus. En jean un peu crade et pas vraiment top (pas simple la dégringolade politique), j'ai failli verser ma petite larme.

Et puis, au-delà de ces contingences vulgaires, Alain Chouraqui, Président de la fondation, magnifique de ténacité, en présence de son père Sidney, celui par qui tout est arrivé, celui par qui tout restera. Son discours d'une vingtaine de minutes digne, poignant, a figé tout le monde, le temps compris. 

 Pasteur Henri Manen, Aumônier du Camp- "Juste parmi les Nations", devant le convoi du 2 septembre 1942 :

 "Ce qui était particulièrement douloureux à voir c'était le spectacle des petits enfants. Car des ordres stricts furent donnés en dernière heure tels qu'au-dessus de 2 ans, tous devaient obligatoirement partir avec leurs parents… des enfants tout petits, trébuchant de fatigue dans la nuit et dans le froid, pleurant de faim… de pauvres petits bonshommes de 5 ou 6 ans essayant de porter vaillamment un baluchon à leur taille puis tombant de sommeil et roulant par terre, eux et leurs paquets, tout grelottants sous la rosée de la nuit. De jeunes pères et mères pleurant silencieusement et longuement dans la consternation de leur impuissance devant la souffrance de leurs enfants. Puis l'ordre fut donné pour quitter la cour et partir au train." 

 

                                                   - Discours d'Alain Chouraqui

                                                   - Discours  de Jean-Marc Ayrault

 

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                                                            Le devant du site avant l'entrée des invités


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                                         Les "G3" devant l'entrée sous un soleil de plomb


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                                                     Les salutaires parapluies noirs

 

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                                                                                Rush sur un peu d'ombre...


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                                       Avec les G3, Stéphane Salord, au top, en jean

 

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                                                                 La Salle des Peintures

                                                                    Photos Cixi-Hélène

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 12:30

J'ai connu Jean-Marie Souriau (1922-2012) au GAE, Groupe Aixois d'Epistémologie, à la faculté des Sciences et techniques avenue du Pigonnet à Aix. Il était alors jeune retraité depuis quatre ans, il avait 74 ans. Personnage hors du commun, d'un abord simple et chaleureux aux yeux vrillés d'intelligence, une insatiable curiosité allègrement facétieuse, rien ne laissait en aucun cas supposer la rigueur et l'extrême complexité de sa profession et son aura reconnue unanimement par l'ensemble de la communauté scientifique internationale (mathématiques et physique théorique).

Salué pour sa grande indépendance de pensée, ancien élève de l'École normale sup, ingénieur de l'ONERA, professeur de mathématique, père de la Mécanique symplectique, cofondateur du Centre de Physique Théorique de Marseille et de l'Université de Provence, auteur d'une bonne centaine de publications de références dont les plus importantes sont rééditées chez Jacques Gabay, Jean-Marie Souriau a reçu plusieurs prix qui ont couronné son travail, notamment, le prix Jaffé de l'Académie des Sciences et le prix scientifique de la Ville de Paris.

Les initiés et divers cadors pourront comprendre. Ses principaux travaux portaient sur la stabilité des avions, la géométrie symplectique, la quantification géométrique, la difféologie, la mécanique statistique, la thermodynamique, les états condensés de la matière, et, un petit dernier pour la fin, les modèles de cosmologie thermodynamiques compatibles avec le rayonnement cosmologique.

Son travail, dans un grand souci de rigueur, d'élégance et d'efficacité, fut sur le même mode que dans l'éducation de ses enfants comme, par exemple, pour un déplacement vers la capitale. Pas question d'aller d'Aix-en-Provence à Paris en ligne droite comme tout le monde. Le trajet passerait de Vienne en Autriche, Ratisbonne, Aix-la-Chapelle, Amsterdam et Knokke-le Zoute en cours de route. Et toujours ce souci d'élargir les horizons, d'enrichir tous ceux auxquels il avait quelque chose à donner.
De la bastide Saint-Jacques qui figure sur une des toiles les plus célèbres de Cézanne, à la rue Mazarine en passant par l'Hôtel du Poët, Jean-Marie Souriau a pendant 54 ans résidé à Aix en Provence.

Son dernier livre testament Grammaire de la Nature, œuvre en trois couleurs (blanc, jaune, rouge, situant les niveaux de difficultés mathématiques), est, à sa demande, et pour être accessible à tous, mis en ligne sur Internet depuis plusieurs années.

Jean-Marie Souriau se couchait à 22h 22mn précises ! Je lui ai rendu visite à de nombreuses reprises rue Mazarine. Sur sa demande bienveillante et amicale, j'ai lu à haute voix en élève ignorante mais appliquée des chapitres redoutables de sa Grammaire de la nature qu'il connaissait par cœur et qu'il écoutait les yeux brillants. De temps en temps, il arrêtait ma lecture et me demandait si je comprenais les passages que je lisais. Devant ma franchise, il ne désarmait pas. Je ne sais pas comment il s'y prenait, mais j'assimilais parfaitement ses explications tout en ne pouvant les reformuler. La pédagogie suprême !

Les repas dans la grande cuisine devant le petit verre de Fernet-Branca supposé apporter longévité, le chat Pioum, les milliers de livres dans l'immense bureau où nageait dans l'aquarium Albert (Einstein), le boudoir chinois de musique, les hautes fenêtres surplombant le jardin à la française, la présence de son épouse Christiane, décédée, si belle et si lumineuse sur cette photo une brassée de fleurs dans les bras, les tentures de soie anciennement cramoisies craquelées par le temps, toujours tendues sur ces murs qui virent Monseigneur de Miollis en grande pompe rendre son dernier soupir, que de souvenirs… Et, si je devais n'en retenir qu'un, ce serait celui-ci.

Il n'y a pas si longtemps, peut-être un an à peine, après avoir sonné à sa porte et pendant ma montée de la fastueuse cage d'escalier, Jean-Marie Souriau m'attendait, à l'étage, caché dans une encoignure de porte pour me faire sursauter de peur !

Les 250 premières décimales de Pi déclamées par Jean-Marie Souriau. Et vous, les connaissez-vous ? Vidéo d'Alain Joriot.

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Remise de la médaille d'honneur d'Aix-en-Provence à Jérôme Souriau, flls de Jean-Marie, au Pavillon Vendôme ce mercredi 27 juin 2012.

 

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Pierre Chiappetta, administrateur de la Faculté des sciences et l'éminent professeur à l'Université de Harvard représentant la Communauté mathématique, le magnifique Shlomo Sternberg.

 

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                                              Shlomo Sternberg.

                        Avec l'accord d'Isabelle Souriau. Photos Cixi-Hélène

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28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 23:00

Samedi 24 avril, il y avait fête au château de Calas. Quand je dis château, je parle d'une construction 19ème qui est évidemment à des années lumière de Chambord, mais, à Calas, on dit "le château de Calas". Calas est un petite commune qui dépend de Cabriès (DVG) tout à côté d'Aix-en-Provence. C'est un dortoir pour les employés d'entreprises environnantes, comme, par exemple, Eurocopter.

 Dans ce château, vit au rez-de-chaussée l'adorable et avenant Arnaud de Villeneuve Esclapon, comte de Provence. Ce jour-là, il y fête son 39ème anniversaire bien qu'il soit né le 23 du mois précédent. Quelques tables dressées dans le parc, d'autres à l'intérieur car la pluie menace, avec un petit orchestre, harpe, saxo et sono. Le buffet est tout à fait light, soft, cacahouètes, pizzas, mayonnaise en pots, légumes découpés, bref pas vraiment de gros moyens. Bienvenus étaient ceux qui apportaient quelque chose. Le train de vie des héritiers des comtes de Provence ne dépend que de l'héritage laissé par leurs aïeux ou bien de leur aptitude à préserver ce patrimoine. Pauvres ou riches (ici, en l'occurrence pauvres) sont recherchés par d'avides roturiers entrepreneurs pour l'aura de leurs particules, leurs relations, et l'exploitation de l'espace prestigieux de leurs propriétés.

Samedi, une centaine de personnes habillées en noir. Seule, une blonde osait le court et les bas résilles. Pas vraiment de belles toilettes. La moitié des invités venaient de Calas, des commerçants, milieux moyens bas et moyenne d'âge assez élevée dans son ensemble ce qui était surprenant compte tenu de l'âge de l'hôte. L'autre partie venait de l'association du "Festival de la chanson française". Cette association très prolixe depuis plus de sept ans dans la région aixoise tourne allègrement, se produit dans de grandes salles comme au Pasino (1250 places, Partouche) grâce à la présence constante d'une soixantaine de bénévoles, mors en bouche, dirigés d'une main de fer par la directrice, Patricia Pélissié. Le gentil Arnaud DVE comte de Provence en fait partie.

On remarque sur le site de l'association 31 sponsors dont 3 viennent de l'argent public, Conseil Général, la ville d'Aix et Pays d'Aix Associations dont le nouveau président n'est autre… que l'époux de la directrice, Gérard Pélissié. J'aime bien cette large collaboration conjugale un peu tentaculaire, cet esprit de communauté sage, obéissante, mais bon, ce n'est que de l'amour pour la chanson française, n'est-ce pas ? Une question directe : J'aimerais bien connaître le budget annuel subventions, prestations (toutes) et billetteries comprises ? En tout bien tout honneur, bien sûr... Car les dépenses avec cette armée de bénévoles soumis ne doivent pas être pharamineuses, non ?
Mais revenons à cette soirée.

Le couple Pélissié était absent. Un invité de marque dans son élégant costume alpaga a fait une entrée triomphante, le bellâtre Bruno Genzana dans une obligatoire démarche électorale. Pour ceux qui ne le connaissent pas, qui ne sont pas d'Aix, je vais essayer de faire vite mais c'est un peu compliqué car cette banale girouette politique, cet oiseau opportuniste n'étant pas simple à attraper, j'ai un peu de mal à le baguer.
 

On le situe en 1983 au Parti Républicain, ensuite à l'UDF, puis au RPR, à l'UMP, et, tout récemment, au Nouveau Centre. Je crois que je n'ai rien oublié, mais, je n'en suis pas sûre. Déjà conseiller général et régional, il est intelligement soutenu par Jean-Claude Gaudin qui ne peut craindre un complot neurologique de sa part. Haï par un grand nombre de la classe politique aixoise (quand je tape 'classe' j'en frémis) par ses sinuosités politiques, il n'a pas l'air du tout de s'en émouvoir. Pendant cette soirée, il était de toutes flatteries possibles auprès des invités pour la plupart habitants de cette commune. On l'a même vu aider dans la cuisine à découper des carottes pour le buffet ! Pourquoi ? A votre avis ? Pour briguer les législatives. Car la 11ème circonscription inféodée au député Christian Kert va être découpée en deux, en 11ème et 8ème, Cabriès-Calas, actuellement dans la 10ème, étant accolé à leur périmètre. Mais revenons à notre château.

Le pâtissier de Calas a créé la pièce montée château-fort en nougatine, une autre, plus petite en guimauve de toutes les couleurs. Tout le monde était content. C'était un anniversaire ennuyeux mais réussi. La priorité a été respectée. Entretenir de bonnes relations et caresser dans le sens des plumes les dindons d'une farce. Une fois par an.

Pour clore ce billet, voici ma réponse au commentaire 56 laissé par le blog Cpolitic :

"En effet les ramifications de ces 'profiteurs' de particules pour ne citer qu'elles sont assez tentaculaires et toujours tournées dans le domaine associatif facilement manipulable. Beaucoup de retraités en manque de sociabilité donc, de la main d'œuvre bon marché, se retrouvent enchainés dans ces structures dirigées par des gants de fer. Il est très difficile d'en sortir (il y a toujours des chefs de groupes très actifs) et l'âge n'autorise plus les rebellions."

J'en profite pour dire à ceux qui veulent lire ce que je n'ai jamais écrit, qu'Arnaud de Villeneuve Esclapon n'est pas du tout attaqué dans cet article. Et si ce dernier le pense, qu'il me joigne par le contact du blog en bas de page.  Longue vie à votre blog Cpolitic !

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 17:12

C'est par un mistral tourbillonnant que ce cher François Bayrou, en campagne pour les élections européennes, était attendu hier au Grand Saint-Jean, sur la route de Rognes.
Dans le superbe parc de cet espace réservé au théâtre plein air du festival lyrique d'Aix en Provence et sous les platanes affolés de pollens, se dressait une grande affiche orange, "l'Europe, c'est nous ! Mouvement démocratique". Des stands distribuaient des tee-shirts orange (de bonne qualité, il faut le reconnaître), écharpes orange, drapeaux européens, tracts MoDem, affiches, et la poussière soulevée par le vent assaisonnait alègrement pizzas, quiches et olives du buffet miteux.
La bête de scène orange devait commencer son speech pour 18h. Elle arrivera une heure plus tard, habillée de noir, excusée par les embouteillages du coin et par les cadences de son agenda.
"Devant les plusieurs centaines de militants réunis", dixit La Provence de ce jour, en fait, au grand maximum 200 personnes assises sur des fauteuils en plastique-blanc-camping, François Bayrou en parfaite forme séductrice mais beaucoup plus petit qu'à l'écran a posé d'entrée ses jalons :

 - Le paysage est très beau ! Le château est beau ! Vous êtes très beaux ! le temps est très beau ! Nombreux, sympathiques, aixois ! Tout est beau !, mais je dis ça tous les soirs… C'est qu'il a de l'humour le leader du MoDem… Après la présentation très honorifique de la "Liste d'Ouverture et de Rassemblement" sagement assise derrière lui, dont J.L Bennahmias, François-Xavier de Peretto, ti, pardon, ex-candidat aux oubliettes des dernières municipales d'Aix, François s'est lancé sur "les bruits qui courent dans les salles de rédaction et des enjeux de cette élection, et, que, "le 7 juin, la surprise sera ENORME !" Profitant du silence des militants et de ce parterre orange de choix, un rossignol chante se fichant éperdument du livre de Bayrou qu'il décrit comme étant "en tête des meilleures ventes et que des dizaines de milliers de Français ont porté leur intérêt à ce livre". Un petit passage sur l'Education nationale "Quand je vois qu'on va transformer nos proviseurs en officiers de police judiciaire, cela veut dire que l'on ne comprend rien à l'éducation !" Applaudissements nourris. Le rossignol en redemande.
"L'attente insupportable dans les aéroports aux portiques qui retardent tous les vols, alors imaginez quand il faudra contrôler un millier de lycéens matin et après-midi !Virage à 100 degrés sur les US où le modèle américain démontre, pour 1000 individus, 7 fois plus de délinquance que chez nous. Alors, pourquoi se plaindre ?

Et puis François se fâche tout rouge. Il gronde à coups de nombreux "Dieu sait !" contre les grandes crises planétaires et "sur la guerre des monnaies que je pressens qu'elle arrive". Il en appelle à notre pensée charitable et se cale sur le modèle Royal nous accusant de laisser l'Afrique crever et souffrant de plus en plus de poussées racistes en refoulant les migrations des pauvres en les rejetant hors de nos frontières. "Comment voulez vous rejeter celui qui veut nourrir sa famille, ses enfants ? Il y a des continents entiers qui meurent de faim (…) 1 milliard de déracinés, des paysans surtout, qui ne peuvent plus cultiver leurs terres, qui sont devenus de vraies bombes planétaires ! Silence de tombe sur le public. Le rossignol ferme sa gorge. François assène. "Il faut imposer un but international, que ces peuples soient conduits à l'autosuffisance, à un marché commun et que nous ne les écrasions pas sous nos propres intérêts !".

Pause de secondes aphasiques. Difficile de ne pas être d'accord. François est bon. Il le sent. A Montpellier, il était en berne. Il faut rattraper le coup et ratatiner de culpabilité tous ces militants présents. C'est le moment. Même ce rossignol perturbateur a fermé son bec. Il doit certainement attendre la suite. Bayrou se lance : "Un jour, nous regretterons amèrement de ne pas avoir aidé nos frères ! On a des problèmes planétaires, 5000 milliards d'Euros, seul le vote de l'Europe compte, 27 inaudibles pays si nous ne parlons pas ensemble, (…) si l'Europe c'est la France, c'est que vous choisirez de bons députés européens ! Merci."
 

Standing ovation. Jean-Luc Bennahmias a pris le relais dans l'indifférence totale car tous se ruaient sur le pauvre buffet pendant que François suivi par une traîne de journalistes repartait vers d'autres listes à défendre. Il me semble bien qu'il avait une fiente sur l'épaule.

 


Un peu de roucoulades dans ce monde de brutes...

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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 14:46


Les réactions à ce précédent billet ont complètement détourné mon objectif premier qui concernait Bruno Etienne que je ne connais pas personnellement mais qui était l'ami très estimé de proches issus du milieu scientifique que je ne peux citer. Depuis de nombreuses années, je suivais toutes ses conférences avec vif intérêt sans pour autant chercher à le connaître. Je ne suis qu'une 'infinitésimale' fan de son immense public. L'intelligence, l'humanité, l'acuité rhétorique et cet incroyable humour de ce grand anthropologue qu'était Bruno Etienne ne peuvent être récupérées à des promotions politiques ou d'aficionados toujours en campagne même si des amitiés évidentes existaient. Les obscurs, ses lecteurs, admirateurs inconnus ont les priorités dans les pages de commentaires de ce blog. Je supprimerai tous ceux qui auront des tendances détournées. Il y a maintes façons de lui rendre hommage officieusement.

A tous ceux qui m'ont contactée par mail ou autres, je répète que je connais parfaitement le monde des blogueurs, l'étendue et la force de diffusion. Le monde du Net m'est familier et représente un outil fabuleux que j'exploite comme je l'entends. Le microcosme politique local ne m'intéresse pas vraiment tant sa médiocrité m'exaspère, mais mon réseau d'informations de plus en plus élargi commence à être bien exploitable. En aucun cas je ne me soumettrai à une pression quelconque de qui que ce soit.

Ci-joint, le commentaire laissé par Florence fille cadette de Bruno Etienne que je remercie chaleureusement pour son passage sur mon blog et qui, je l'espère, ne se chargera pas d'un chagrin supplémentaire quant aux commentaires déplacés qu'elle a lus. Je lui adresse mes plus sincères condoléances ainsi qu'à toute sa famille…

"Bonjour Cixi,

c'est grâce à ma soeur que je prends connaissance de votre blog. Je suis la fille cadette de Bruno.
Quitte à paraitre banale je tiens à remercier tous ceux qui nous ont témoigné leur affection. J'ai trouvé Pezet pas mal, mais le fait que les commentateurs en parlent davantage que de la conférence que vous publiez en lien me fait un peu mal... Pezet est vivant, focaliser les comms sur lui et accessoirement régler des petits comptes entre amis me parait déplacé, alors que votre article rend hommage à un défunt.
Cordialement,
Florence"


Lien vers l'excellent article de Thierry Fabre de RUE 89 Marseille, sur Bruno Etienne

Vous pouvez me contacter par le biais du bas de page du blog.

 
Lien vers l'émouvant témoignage de Benjamin Stora

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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 10:20

Samedi 7 mars :

Je constate sur le blog de Michel Pezet candidat aux dernières municipales, aucune allusion au décès de Bruno Etienne. Il était pourtant l'un de ses colistiers...
Après avoir lu l'article sur son enterrement, Michel Pezet a fait le choix d'en parler devant La Provence et ainsi paraître dans le journal plutôt que d'informer sur son blog ses lecteurs PS d'une aussi grande perte... L'impact il est vrai est beaucoup plus rentable ...

Le décès mercredi soir du grand historien et anthropologue Bruno Etienne, aixois attachant au redoutable regard caustique, va laisser un grand vide dans la rhétorique provocatrice sur l'histoire des religions.

 "Tout de même, cet accent invraisemblable que vous avez gardé", dixit Maurice Duverger membre du jury lors de l'agrégation de Bruno Etienne alors jeune étudiant qui par ce critère hors normes, au lieu d'être premier, fut troisième…

Ecoutez l'intelligence et l'humour de Bruno Etienne lors d'une conférence à l'IUF il y a quelques temps...

"Avec pas mal de provocations, je vais vous montrer la véritable question qui se pose sur le changement du champ religieux.  C'est la classe politique, les médias qui ont fait le concours de celui qui disait le plus grand lot de banalités pour ne pas dire de conneries (...)

Il y a un décalage extraordinaire entre les politologues, anthropologues, scientifiques et la classe politique qui suit l'audimat produit par les journalistes et par le prime time.

Au moment où l'Europe se met en place, la loi informatique de la défense des libertés nous interdit de demander l'appartenance religieuse. Personne ne sait aujourd'hui combien y a de musulmans, de juifs en ce moment en France. Je vous donne un scoop : il y a certainement plus de bouddhistes que de juifs et de protestants !  Pourquoi ? Parce que les scientifiques, les sociologues sont  en contradiction avec le fantasme…".

  Lors de cette conférence, Bruno Etienne va prouver une fois de plus avec les provocations dont il était friand, la grande intelligence et le regard sans concession qu'il portait sur notre société et ses mondes religieux.

Un régal à écouter, à savourer et rire avec lui…

 

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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 21:31

Une bulle d'oxygène pendant trois jours à Aix. La Cité du Livre, du vendredi 17 octobre au dimanche 19, accueillait  Salman Rushdie en tournée promo venu présenter son dernier ouvrage, L'enchanteresse de Florence. Il a été l'enchanteur de ces lieux.

Vendredi 19h30, Rushdie apparaissait dans un amphi bondé d'aficionados. avec un peu de retard, accompagné de son jeune fils, Milan. Entouré d'Ivan Nabokov, éditeur chez Plon et Bourgeois, Altaf Tyrewala, jeune auteur indien, et Gérard Meudal, traducteur, journaliste, ainsi qu'une cour assez réduite sans ombres de gardes du corps (deux étaient, paraît-il, mêlés à la foule..). Il racontera sa vie, ses livres, ses idées, ses analyses philosophiques.

La presse locale était là, mais aucun élu n'est venu se pavaner à ses côtés. Etrange.
Peu de femmes. Aucune autour de la table des intervenants...

Heureusement, Annie Terrier, l'organisatrice talentueuse de ce grand évènement littéraire, a  présenté le génial pestiféré avec une aisance et une richesse culturelle très professionnelles. On imagine difficilement le dixième de cette prouesse balbutié par  Patricia Larnaudie. L'exploit aurait été peut-être possible pour notre adjointe à la culture devant un prompteur après 6 mois d'entraînements intensifs. Bref, elle a bien fait de ne pas venir comme toute la quincaillerie vulgaire de la mairie certainement effrayée par ce parterre d'intelligences.


Sur ses relations avec le mysticisme, Salman Rushdie répondait : " Mon moi social n'éprouve aucun intérêt car j'ai grandi dans un pays infesté de gourous".
"
La décadence, c'est la perte de la capacité de choisir" dixit Salman Rushdie juste après la fatwa lancée contre lui par l'ayatollah Rouhollah Khomeini en 1989 à la suite de la publication des fameux Versets Sataniques contenant une description irrévérencieuse du prophète Mahomet.

"Au début de toute cette affaire, j'avais perdu la notion de la réalité. Qui étaient mes amis, mes ennemis ? j'étais assis au centre de Nulle Part. J'étais multiplié. Mon image fausse se reproduisait à l'infini. (....) et puis plus rien, le vide, le noir". La traque pendant 10 ans. En 1990 il publie "De bonne foi" et des excuses affirmant son respect pour l'islam. En 1999 l'Iran annonce ne plus vouloir appliquer la fatwa mais ne peut l'annuler car ineffaçable. L'année dernière, la reine Élisabeth lui donnait le titre de chevalier à  la grande colère du Pakistan. Mais nombreuses sont les biographies ; revenons à Aix.

Samedi 18, Salman Rushdie  toujours accompagné de son fils, qui s'ennuyait ferme, a de nouveau répondu avec humour et intérêt aux nombreuses questions de La Verrière en présence au premier rang, de la majestueuse Edmonde Charleroux délicieusement entourée d'éphèbes courtisans.

La lecture d'un passage de son dernier livre a confirmé son incroyable talent de conteur. On n'entendait pas un souffle dans la grande salle. Tout le monde était suspendu à ses lèvres. Et puis les signatures aux longues files d'attente, Rushdie, serein, sourire imperturbable, au regard un peu fixe qu'une blépharoplastie en 1999 lui a donné, mais, l'a rajeuni...


Même programme pour aujourd'hui dimanche avec projection de film, rencontre, entretien, et Milan Rushdie qui s'amusait avec un simple yo-yo au beau milieu de cette cour admirative bien loin du monde de conte de fées à la manière des récits de Shéhérazade de cette palette de littérature indienne contemporaine de son père. Salman Rushdie a vraiment illuminé la Cité du livre.
                                                                                     

                                                                                        Sir Salman Rushdie         Photos persos Cixi-Hélène

Lien sur l'article de Julien Danielides - interview avec Salman Rushdie

                                                                             

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 13:57

Vivement l'été ! 
Hier YSL est mort. Ce sera à Marrakech dans le jardin  de la villa bleue Majorelle que les cendres de ce génial mélancolique reposeront. Difficile d'y croire.
15 heures. A l'assemblée nationale il y a tout juste cinq minutes, Rachida Dati conspuée par la gauche à l'unanimité a répondu sans ciller à la meute en colère. Il est question de ce mariage annulé par le tribunal de Douai parce que la mariée avait menti sur sa virginité.
Après avoir provoqué un vif débat de société,  cette affaire hyper médiatisée concerne maintenant l'ensemble des citoyennes (ens) de notre pays. Car on ne va quand même pas laisser les hommes en juger ou tout au moins les laisser parler à notre place. On est en 2008, en France, et même si notre pays fonctionne encore comme au moyen âge, la virginité de chacune ne dépend pas d'une omerta musulmane qui sévit même sur notre code pénal. On est dans une république laïque. Un juge ne peut pas apprécier de telles revendications. Celui ci est donc partial.
Il est vrai que Rachida n'a rien soulevé en un premier temps ce qui est étrange compte tenu de ces origines, de ses combats et de son ministère, en revanche, Rama Yade est étonnement silencieuse. Même si cela ne concerne pas directement ses fonctions, on aimerait bien connaître son avis... Donc Rachida poussée par le scandale et la gauche en récupération a demandé au procureur général de Douai que le parquet interjette appel de ce jugement du TGI de Lille. Ce qui est tout à fait lo-gi-que.
il y a donc tout juste 8 minutes, Rachida habillée d'un très chic tailleur noir, tee-shirt blanc bien échancré en V, bottes noires aux hauts talons aiguilles, rimmel en avant et bouche carminée interpellait la gauche conspuante :
- J'ai échappé à l'échec de votre politique ! Où étiez vous lorsque que vous avez abandonné  pendant des années ces jeunes filles dans les "quartiers " à leurs grands frères ! Où étiez-vous ? C'est votre échec !  Ces jeunes filles ne demandaient rien ! Elles sont libres, indépendantes ! De grâce ! Ne les empêchez pas d'être libres !
Huées. A croire qu'ils sont tous musulmans réacs. Le président n'arrive pas à faire taire la meute compacte repliée venimeusement dans l'arène.
- Chut !! Taisez vous !! Madame Le Garde des Sceaux.. Je vous en prie.. Continuez .. " Huées en crécendo..
- Chut !!! laissez parler Madame..
Fillon en costume rayé bleu marine riait sous cape. Un gros plan sur Elisabeth Guigou impassible en masque glabre dénonçait un récent Botox et trop de collagène sur la lèvre supérieure. Jean Tibéri prenait un air contrit, Fabius ravi laissait les autres s'amuser et Michelle Alliot Marie en tailleur chicos gris se grattait élégamment la tempe droite agacée.
Tout ce ramdam remplira un peu plus les poches de Le Pen et continuera d'alimenter le fourneau du racisme.



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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 16:01

 

 La visite de Rachida Dati ministre de la Justice hier samedi 17 mai dans notre ville a fait de sacrés ravages chez nos têtes pensantes, enfin, celles qui ont pignon sur nos lectures.

Paul-Henri Fleur au garde à vous, écrit en page 5 de La Provence ,  "Dati une journée bien remplie". il dirige particulièrement son article sur ce terrain facile, connaissant les convictions et l'argumentation inflexibles de Rachida Dati sur la discrimination.
C'est qu'il a fallu la suivre Rachida. Elle les a tous fait courir comme des dératés. De la maison d'arrêt de Luynes avec Maryse sur les talons à l'entreprise Experian sur le pôle d'activités des Milles, au palais Verdun ou elle invitait dans une salle d'audience les magistrats à discuter sur la réforme du conseil supérieur de la magistrature et de la honteuse place des femmes dans les hautes fonctions, (seulement « 2% de femmes parmi les procureurs généraux ») et  une visite surprise au Tribunal de Grande Instance de Carnot où elle constatait la vétusté de ce tribunal lilliputien où je comparaîtrai tôt ou tard à la barre, tribunal encombré de 120 appels par jour, 12000 réponses pénales et 4500 poursuites correctionnelles par an. Bref, terrible.

Toujours d'après PHF, la veille au Jas de Bouffan sa rencontre avec les associations fut houleuse paraît-il, « lorsqu'une militante d'extrême gauche a évoqué les expulsions d'étrangers qui « aggravent les discriminations qui sont ordonnées par votre justice ».
Rachida c'est Rachida. Elle n'est pas devenue Garde des Sceaux grâce aux biberons mielleux de parents magistrats. En tant que fille d'immigrés elle sait ce que c'est la discrimination et se considère d'abord comme "fille de France" issue de milieu modeste. Elle en a fait des petits boulots pour en arriver là. Elle est rompue aux flatteries courtisanes, au machisme permanent de la classe politique. La salle du Bois de L'aune fait figure de placard par rapport à l'Assemblée Nationale. Elle retourne un double soufflet à la copine d'Emmanuelle Béart :
« Ce n'est pas ma justice (...) Des gens comme vous j'en ai beaucoup rencontrés dans mon adolescence qui disaient on va parler pour vous, pendant trop longtemps des gens comme vous ont parlé pour d'autres ! Ne parlez plus pour eux, ils ne sont pas sous tutelle ! A force de les excuser, de les victimiser, de dire qu'ils sont différents, vous les stigmatisez vous-même ! »
Tonnerre d'applaudissements dans l'assistance aux trois quarts UMP et de la gauche tétanisée. Beaucoup plus modérés un peu plus tard lorsqu'un jeune homme lançait : " je veux bien respecter l'autorité, mais quand je vois que M. Chirac aurait dû aller en prison et qu'il n'y est pas..."
Rachida telle une Valkyrie dédaigneuse à du esquisser un sourire carminé. Combien de fois a-t-elle entendu cette question...
Elle aura tout juste pris le temps avec sa troupe de courtisans collée aux escarpins de grignoter aux 2 G une salade et boire un café. Elle y tenait paraît-il. Dixit
Hervé Nedelec qui dit dans son billet "L'Humeur " et son titre  'Que des jaloux' en page 5, qu' « elle aurait exigé de déjeuner aux 2G parce qu'elle en avait entendu parler à Paris de chez Lipp au Fouquet's en passant par la table du Sénat ».
On constate que le staff de Rachida a de vieilles fiches à mettre à jour ! Tout le monde sait que le café Les deux garçons est encore plus insalubre que le TGI et a, régulièrement tous les deux trois ans, une officieuse fermeture pour travaux, fermeture en fait officiellement imposée par un PV de la DDASS (direction départementale des affaires sanitaires et sociales) qui connaît la récurrence de l'insalubrité de cet établissement malheureusement mythique pour les touristes mais que les aixois ont déserté depuis longtemps ! On n'est pas fous... J'y ai même vu un jour, à ma grande horreur, un rat traverser la salle principale ! Bref, à part les touristes, ne restent en vitrine que de vieux avocats snobs en retraite cacochyme.
Mais Hervé Nedelec (directeur départemental du journal La Provence) n'en reste pas là. Il veut lui faire sa cour et lance un appel pathétique à la belle Rachida lui demandant d'ignorer les cancans aixois sur les raisons réelles de sa venue :

« Madame le ministre, ne retenez rien de ces lignes ! Ce ne sont que jaloux, envieux, hypocrites (...) mais le noir vous va si bien. Et puis, il faut vous rendre justice, si votre sourire fut à l'image du ciel... vos yeux, en revanche ont éclairé nos vieilles rues ».

Quel poète ce Nedelec ! Vivement qu'il cède à sa retraite qu'il aurait déjà du prendre pour s'accrocher aux branches de la poésie. Un autre Hervé piaffe d'impatience et attend la place.

Mais Rachida n'en a cure. Elle ne lira plus jamais de poésie de vulgarisation. Les chiens aboient la caravane passe. Un coup de rouge à lèvres après.... elle est déjà partie.

 

 

 

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