
C'est par un mistral tourbillonnant que ce cher François Bayrou en campagne pour les élections européennes était attendu hier au Grand Saint-Jean, sur la route de Rognes.
Dans le superbe parc de cet espace réservé au théâtre plein air du festival lyrique d'Aix en Provence et sous les platanes affolés de pollens, se dressait une grande affiche orange, 'l'Europe, c'est nous ! Mouvement démocratique'. Des stands distribuaient des tee-shirts orange (de bonne qualité, il faut le reconnaître), écharpes orange, drapeaux européens, tracts MoDem, affiches et la poussière soulevée par le vent je m'enfoutiste assaisonnait pizzas, quiches et olives du buffet miteux.
La bête de scène orange devait commencer son speech pour 18h. Elle arrivera une heure plus tard, habillée de noir, excusée par les embouteillages du coin et par les cadences de son planning.
"Devant les plusieurs centaines de militants réunis ", dixit La Provence de ce jour, en fait, au grand maximum 200 personnes assises sur des fauteuils en plastique-blanc-camping, François Bayrou en parfaite forme séductrice mais beaucoup plus petit qu'à l'écran a posé d'entrée ses jalons :
- Le paysage est très beau ! Le château est beau ! Vous êtes très beaux ! le temps est très beau ! Nombreux, sympathiques, aixois ! Tout est beau !, mais je dis ça tous les soirs… C'est qu'il a de l'humour le leader du MoDem…
Après la présentation très honorifique de la "Liste d'Ouverture et de Rassemblement" sagement assise derrière lui, dont J.L Bennahmias, François-Xavier de Peretto, ti, pardon, ex-candidat aux oubliettes des dernières municipales d'Aix, François s'est lancé sur "les bruits qui courent dans les salles de rédaction et des enjeux de cette élection, et, que, "le 7 juin, la surprise sera ENORME !"
Profitant du silence des militants et de ce parterre orange de choix, un rossignol chante se fichant éperdument du livre de François qu'il décrit comme étant "en tête des meilleures ventes et que des dizaines de milliers de Français ont porté leur intérêt à ce livre."
Un petit passage sur l'Education nationale "Quand je vois qu'on va transformer nos proviseurs en officiers de police judiciaire, cela veut dire que l'on ne comprend rien à l'éducation !" Applaudissements nourris. Le rossignol en redemande.
"L'attente insupportable dans les aéroports aux portiques qui retardent tous les vols, alors imaginez quand il faudra contrôler un millier de lycéens matin et après-midi !" Et puis virage à 100 degrés sur les USA où le modèle américain démontre pour 1000 individus, 7 fois plus de délinquance que chez nous. Alors, pourquoi se plaindre ? Et puis François se fâche tout rouge. Il gronde à coups de nombreux "Dieu sait !" contre les grandes crises planétaires et "sur la guerre des monnaies que je pressens qu'elle arrive". Il en appelle à notre pensée charitable et se cale sur le modèle Royal nous accusant de laisser l'Afrique crever et souffrant de plus en plus de poussées racistes en refoulant les migrations des pauvres en les rejetant hors de nos frontières. "Comment voulez vous rejeter celui qui veut nourrir sa famille, ses enfants ? Il y a des continents entiers qui meurent de faim (…) 1 milliard de déracinés, des paysans surtout, qui ne peuvent plus cultiver leurs terres, qui sont devenus de vraies bombes planétaires ! Silence de tombe sur le public. Le rossignol ferme sa gorge. François assène. "Il faut imposer un but international, que ces peuples soient conduits à l'autosuffisance, à un marché commun et que nous ne les écrasions pas sous nos propres intérêts !". Pause de secondes aphasiques. Difficile de ne pas être d'accord. François est bon. Il le sent. A Montpellier, il était en berne. Il faut rattraper le coup et ratatiner de culpabilité tous ces militants présents. C'est le moment. Même ce rossignol perturbateur a fermé sa gueule. Il doit certainement attendre la suite. Il se lance :
"Un jour… nous regretterons amèrement de ne pas avoir aidé nos frères ! On a des problèmes planétaires, 5000 milliards d'Euros… seul le vote de l'Europe compte, 27 inaudibles pays si nous ne parlons pas ensemble, (…) si l'Europe c'est la France, c'est que vous choisirez de bons députés européens ! Merci."
Standing ovation. Jean-Luc Bennahmias a pris le relais et le micro dans l'indifférence totale car tous se ruaient sur le pauvre buffet pendant que François suivi par une traîne de journalistes repartait vers d'autres listes à défendre.
Il me semble bien qu'il avait une fiente sur l'épaule.
Un peu de roucoulades dansce monde de brutes...
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