on peut toujours me suivre sur Twitter : @HelenePastore Instagram : @helene_pastore
Ce billet ci-dessous un peu actualisé, a été publié par les organisateurs du jeu virtuel du VendéeGlobe à qui je m'adressais (sans intention d'être publiée) et défile actuellement sur le bandeau passant d'accueil de la page du site.
J'ai reçu un nombre incalculable de messages (il y a plus de 300 000 skippers !) et n'ai pu répondre qu'à une infime partie… Je les remercie tous chaleureusement pour leurs adorables messages.
A lire, pour se détendre de toutes les misères intellectuelles que nous supportons quotidiennement.
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A devenir Folle ! ... par Cixi-Helene
09 Mars
Bonjour à vous, mes tortionnaires !
J'ai attendu un mois et demi avant d'avoir la permission de prendre le départ de votre course. J'étais sur liste d'attente. Sans y être préparée, on m'a basculée directement dans l'Océan Indien alors que j'aurais bien voulu partager les mêmes affres que les autres dans la descente de l'Atlantique. Injuste. Je suis une marine d'eau douce.
A chaque fois que j'ai mis les pieds sur un voilier c'était pour tomber sur une mer démontée et passer des heures avec un gilet de sauvetage à claquer les dents de froid et de peur terrée au fond de la cabine...Trois fois ... Et pour couronner le tout, la dernière traversée Marseille Ajaccio sur la navette Corse il y a 3 ans, où un avis de tempête avait cloué tous les bateaux à quais. Le seul qui est parti ce soir-là fut celui que je prenais ! Le Napoléon. Ce fut une horreur indescriptible et si vous tenez à ce que je vous raconte ces 20 heures passées sur deux mètres carrés d'un pont supérieur, je doute que vous partiez l'âme légère dans un de ces monstres de mer en rodéo sur une mer démontée !
Il me fallait donc une initiation cool, sans fioritures et surtout ludique, d'où mon inscription à Virtual Regatta avec une bande de copains et quelques membres de la famille.
Pendant 2 mois en bon petit mousse j'ai fait du mieux que j'ai pu. Et comme tout le monde, la nuit je me suis levée pour barrer ce bateau plus ou moins fantôme qui ne prenait jamais la direction que je voulais et perdait un nombre incalculable de places alors que j'avais enfin dépassé tous les ennemis qui m'entouraient. La guerre des nerfs sur toutes les mers du monde...
Quant aux vents ! Parlons-en des vents. Ils n'étaient jamais au rendez-vous de ce que j'estimais avoir convenablement évalué. Le casse-tête éolien. Et petit à petit je me suis habituée, à force de combats avec les éléments virtuels et ma pensée toujours en complexité spontanée.
J'ai réussi à passer le Cap Horn en évitant les pièges tendus des sirènes aux Malouines, j'ai remonté faiblardement le Brésil, j'ai franchi l'inaccessible équateur et j'entre enfin dans l'Atlantique Nord à 10nds, pour des vents à 8nds.
Des courses virtuelles naissent dans la course actuelle pourtant concrètement déjà finie, comme "Pastaga" qui se déroule entre l'île de Ré et Marseille. Il y en a qui ne veulent pas rentrer aux Sables...
J'ai vécu l'arrivée de Michel Desjoyaux que je ne connaissais que de nom (inculte j'étais !), comme l'arrivée d'un dieu vivant, un Neptune aux deux bras fumant rouge sa majesté ! Quelle apparition... Quel sourire... Subjuguée, je le suis encore.
Voilà. Merci encore pour votre inconsciente initiation… Sachez que je suis aussi inscrite à la rame et casse en ce moment mes bras virtuels à atteindre Cayenne et que je prendrai le départ aussi du 1er avril pour la Course croisière Edhec.
J'ai déjà l'anneau virtuel du Cap Horn à une oreille. Il me manque bon nombre de galons, alors les amis, si vous voyez une bouteille à l'eau…venez me secourir...
Bien amicalement vôtre. Recevez de ma part des kilos de calissons virtuels...
Cixi-Helene