CIXI-HELENE

  • : CIXI-HELENE Impératrice d'Aix en Provence
  • cixi-helene
  • : 14/03/2008

Pèle-mêle quotidien

Alors là... C'est tout à fait moi ! clik
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L'inaccessible Jimmy Choo chez H&M le 14 novembre ! Comme prévu tout a été dévalisé à des prix incroyables... J'ai acheté un collier tiare, really... et revu dans l'après-midi, 'This Is It', au Gaumont Opéra.

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Samedi 14 novembre, un très très proche est né le même jour que l'auteur du  'Dernier témoin' au regard velours-loup... Hou ! hou ! Hou ! Méfiez-vous... Smack for him. Le même jour, Zhang Yimou (extraordinaire réalisateur, 'Epoux et concubines' que j'ai vu 100 fois !)

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Dimanche, chez le champignon de Paris Drucker, à son 'Vivement le dimanche', vu le fabuleux bassiste Jannick Top (ex Magma) se galvauder sur un mièvre violoncelle en accompagnant Sylvie Vartan au sommet de sa forme vocale (c'est à dire en play-back). Si les top s'y mettent aussi, où va-t-on ? Pitié Jannick ! Pas ça ...

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Un petit café dans une tasse bien particulière, pour amateurs et designers non paranos...
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Avouez qu'il fallait y penser... Claque
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Le dernier bébé
de notre big best compagny
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Les américains ne nous voient pas toujours d'un mauvais oeil. CLICK.
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Et le bon sens canadien
... A claquer aux moutons de Panurge
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Et pour le plaisir... un extrait d'un de mes épisodes préféré de ma série culte, Absolutely Fabulous, la sortie en voiture de Patsy et Edina. J'ADORE !
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Une trouvaille, une vidéo tournée à Aix par des étudiants de l'IEP et un interlocuteur très disponible et bien moins embarrassé qu'eux...
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C'est le genre de truc qui m'agaaace ! Je ne suis pas arrivée à coincer ce satané chat ! Essayez... Et donnez-moi la solution si vous y arrivez... (cliquez sur les cases claires pour l'encercler et appuyez sur reset pour recommencer)  Solution apportée par Jean-Mi surnommé "la métaphore du diesel" : pour capturer le chat noir, sachez que le chat est 5 sauts des bords et qu'il part dans la direction où il minimise son nombre de sauts. A vous d'utiliser les points verts déjà placés.
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Si vous voulez savoir ce que pensent les infirmières au sujet du vaccin H1N1...
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Et toujours un peu de fantaisie, pourquoi pas militaire ? A écouter à fonddddddd !!!!!! avec un screen plat ou LCD, IMMENSE...
Ozzy Osbourne et son 'sympathy for the devil'...  fabulous !
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COMPTEUR GRIPPE PORCINE : Mise à jour quotidienne, en temps réel,  les chiffres exacts de l'HORRIBLE pandémie qui devrait rapidement  anéantir la planète :
lien sur le très sérieux site Worldometers à surveiller par les paranos, tous les jours...
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Je remercie Marianne de m'avoir publiée. Quel honneur...

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Merci à l'équipe du journal Vendredi d'avoir sélectionné mon blog parmi les 100 meilleurs blogs féminins de France...

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Evenements à Aix

Jeudi 18 juin 2009

Le cirque de campagne électorale est commencé. Oyez braves gens ! Ne vous affolez pas ! Les grandes intelligences politiques, entendez les militants des têtes de listes, sont sur les dents ! Des dents bien cariées si je m'en tiens aux délires granguignolesques et parfois cabalistiques qui viennent de commencer ! Les loges des francs-maçons patinent et n'ont plus les mêmes puissances. A force d'y faire entrer n'importe qui, n'importe qui tient les commandes.

Qu'est-ce que je m'amuse. Un pur moment de bonheur… La délectation suprême.

Les négociations se font comme d'habitude dans l'incohérence du plus grand désordre à grands coups de téléphone répétés, réunions, promesses et surtout, les éligibilités des places de listes. Toutes les têtes de liste sont sûres d'être bientôt assises sur le fauteuil vide tout chaud encore de Maryse. Les stupides courtisans sont là pour leur assurer la couronne de lauriers mais ne briguent que leurs propres intérêts. Et toujours le pervers problème du chef élu devant son ego. Sur un trône je serai, des oubliettes je sortirai.
"Ça" court, ça s'agite, ça s'affole, ça panique, bref, le coup de tatane de cette invalidation du Conseil d'Etat dans la fourmilière endormie des politiques aixois, les a rendus épileptiques. Normal.
Psychologiquement, aucun ne s'y attendait. Souvenez-vous, il y a une petite quinzaine, A. Medvedowsky déclarait qu'il n'y avait, pour lui, pas plus de 10% de chances que le recours soit validé.
Et puis, dans ces chaumières-là, Monsieur, endormies sur de vieux lauriers fanés, politiquement on ne progresse pas, Monsieur, non, on ne progresse pas, on tue. On se tue à trahir du mieux possible, on se tue à courir dans tous les sens, on agite devant un plus puissant toutes nos armes trébuchantes, notre clan et notre poids électoral ou notre fils ou fille, forgés à toutes les alliances inimaginables. Quant à notre ennemi juré des dernières élections, il faut s'empresser de renouer. Ici, l'amitié a un sens particulier, celui de l'ubiquité. Rien d'autre ne compte. Tout n'est qu'une question d'arithmétique. On additionne chacun et on soupèse le total. Et puis il y a les poids peureux, comme André Guinde
à l'historique déjà périmé, humilié, si dépité de n'avoir pas une nouvelle fois été choisi pour mener le troupeau du PS dans la cour de la mairie aixoise. André, pourtant aux ordres aplatis du grand baron Jean-Noël Guérini, a osé dire il y a quelques jours qu'il se retirait et n'irait pas sur la liste de l'élu Medvedowsky, déjà en accord avec le Modem. Colère du baron en question. Guinde doit peser quelques milliers de voix, il est hors de question de le laisser avoir un état d'âme personnel. Sur la liste de Medvé il sera. Et en cinquième position. La troisième pour FX de Peretti. J'ai dit. L'avenir du PS est en jeu. Sa crédibilité aussi. Il faut prouver à Martine et Ségolène qu'une union solide est possible grâce à l'intelligentsia politique aixoise. André a plié. Le rêve de saluer la foule des partisans au balcon de la mairie d'Aix est fini. Trop tard pour lui. Peut-être adjoint, et encore. Il n'aura pas la pluie de calissons bénis.

Mais Maryse est là, sa liste est quasi la même, prête. C'est une bête à gagner aux redoutables armes neurologiques et en parfaite maîtrise d'empathie comportementale. Mais elle commence à s'user de la scène politique. Plus fragile serait-elle ? Attention Maryse ! Les autres le savent.

(pour ceux qui ne connaissent pas le 'saut ' de notre grand maire...) 

Par Cixi-Hélène
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Dimanche 14 juin 2009

Vous vous imaginez, vous, vice-président du Conseil général des BdR, 70 ans, vous appelant André Guinde, avec un parcours de vieux renard des garrigues ayant trahi un peu et à jamais, non reconnaissant devant tous les rouages et avantages des subtilités de la conduite en état politique ? Mais me direz vous, la trahison est nécessaire, sinon comment progresser ?

Votre ex-grand ami dont vous étiez l'adjoint, Jean-François Picheral, n'est pas là. Il est à Paris et regarde se dérouler la nouvelle curée, lui, seul maire propre avant et après tous les passages des autres, vous si proche de cet autre félon, Alexandre Medvedowsky qui lui aussi a trahi 'Piche', trahison bien plus calculée que la vôtre il est vrai.

Et puis ce 12 juin. Vous êtes si confiant ce jour-là aux côtés du grand baron du Sud Jean-Noël Guérini qui vous veut comme candidat PS pour cette satanée mairie aixoise si dure à arracher, tant convoitée, si fragile mais à la dent si dure… Ah ! cette journée…

Tribune du Sud : "Eugène Caselli annonce en privé, que l'option Guinde n'est plus d'actualité." (…) Quelques heures plus tard, Jean-Noël Guérini, le vrai patron de la fédé, tente à nouveau d'imposer l'option Guinde. Une réunion de crise se déroule dans un des bureaux du Conseil général. Contrarié, en colère, Guérini essaie de passer en force et menace de retirer à Medvé la présidence de l'Europôle de l'Arbois".

C'est un combat de chefs qui se déroule. L'Eugène Caselli coache pour Medvé et Guérini pour Guinde. Pourquoi le grand manitou du PS cède-t-il à cet Eugène si falot ?

Il y a toujours un grand atout de réserve au moment fatidique. C'est l'arme suprême, celle qui se sort au tout dernier instant ultime. On l'agite devant l'un des chefs à abattre et il s'affaisse sans condition. Foudroyant poison. Guérini a cédé. L'atout était bon. Il faut dire que son frère Alexandre "le roi des ordures" lui pose quelques problèmes… Mais Jean-Noël a la fibre, il protège la fratrie. Un Alexandre pour un autre. Soit. Marché conclu…

Une heure plus tard du grand conciliabule, André Guinde s'est retrouvé dans cette salle miteuse des fêtes des Milles à quelques kilomètres d'Aix où la décision souveraine du PS allait avoir lieu devant 250 personnes (et non 500 !).

Quand l'Eugène Caselli a nommé son poulain à sa place, lui, André Guinde, pourtant assis, favori déjà cité dans tous les journaux (mal informés) a vraiment accusé le choc. Il ne le savait pas. On lui a annoncé son humiliation en direct live. Medvé, la moue satisfaite qui lui savait,  grattait le coin de ses gros yeux de mérou et regardait le plafond crade de la salle des fêtes comme celui de la Chapelle Sixtine. Quelques remous, objections des militants Guinde contre ce choix. La photo de Sophie Spitéri illustre parfaitement le coup de massue porté à André Guinde. Il est abattu. Et puis sont venus les discours qui ressemblent à tous les autres discours de l'agonisant PS national, union, union, union, et l'intervention surprenante d'un ex-colistier de Michel Pezet (ex-candidat dissident PS aux dernières municipales) qui prend le micro et 'donne' les voix des pezétistes et en appelle à l'union, union, union. Michel Pezet est-il au courant ? On attend de lire ou voir car rien dans la presse n'a paru sur ce don généreux. Etonnante la réaction des pezétistes présents en fond de salle pas contents du tout, mais du tout, de cette intervention qui visiblement n'était pas prévue par l'un des leurs qui a donc négocié avec leur ex-ennemi et parle en leurs noms. Les amertumes se délayent. Il y a ceux qui quittent la salle, ceux qui parlent entre eux en ignorant le discours militant qui se poursuit.

Le départ de la mairie de Maryse Joissains bouquet au bras, en larmes, entourée par ses fidèles est symbolique de la tension qui règne autour de cette invalidation. Les négociations doivent être rudes, et, à mon sens, celui ou celle qui emportera dans sa besace les Verts aura le trône. Quant à Stéphane Salord, curieuse je suis de voir l'ensemble de sa liste. Beurk.

Allez ! Le nid est plein. Que les plus parjures gagnent.

 

 

Par Cixi-Hélène
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Jeudi 28 mai 2009
 

 C'est par un mistral tourbillonnant que ce cher François Bayrou en campagne pour les élections européennes était attendu hier au Grand Saint-Jean, sur la route de Rognes.

Dans le superbe parc de cet espace réservé au théâtre plein air du festival lyrique d'Aix en Provence et sous les platanes affolés de pollens, se dressait une grande affiche orange, 'l'Europe, c'est nous ! Mouvement démocratique'. Des stands distribuaient des tee-shirts orange (de bonne qualité, il faut le reconnaître), écharpes orange, drapeaux européens, tracts MoDem, affiches et la poussière soulevée par le vent je m'enfoutiste assaisonnait pizzas, quiches et olives du buffet miteux.

La bête de scène orange devait commencer son speech pour 18h. Elle arrivera une heure plus tard, habillée de noir, excusée par les embouteillages du coin et par les cadences de son planning.

"Devant les plusieurs centaines de militants réunis ", dixit La Provence de ce jour, en fait, au grand maximum 200 personnes assises sur des fauteuils en plastique-blanc-camping, François Bayrou en parfaite forme séductrice mais beaucoup plus petit qu'à l'écran a posé d'entrée ses jalons :

- Le paysage est très beau ! Le château est beau ! Vous êtes très beaux ! le temps est très beau ! Nombreux, sympathiques, aixois ! Tout est beau !, mais je dis ça tous les soirs… C'est qu'il a de l'humour le leader du MoDem… 

Après la présentation très honorifique de la "Liste d'Ouverture et de Rassemblement" sagement assise derrière lui, dont J.L Bennahmias, François-Xavier de Peretto, ti, pardon, ex-candidat aux oubliettes des dernières municipales d'Aix, François s'est lancé sur "les bruits qui courent dans les salles de rédaction et des enjeux de cette élection, et, que, "le 7 juin, la surprise sera ENORME !"

Profitant du silence des militants et de ce parterre orange de choix, un rossignol chante se fichant éperdument du livre de François qu'il décrit comme étant "en tête des meilleures ventes et que des dizaines de milliers de Français ont porté leur intérêt à ce livre."

Un petit passage sur l'Education nationale "Quand je vois qu'on va transformer nos proviseurs en officiers de police judiciaire, cela veut dire que l'on ne comprend rien à l'éducation !" Applaudissements nourris. Le rossignol en redemande.

"L'attente insupportable dans les aéroports aux portiques qui retardent tous les vols, alors imaginez quand il faudra contrôler un millier de lycéens matin et après-midi !" Et puis virage à 100 degrés sur les USA où le modèle américain démontre pour 1000 individus, 7 fois plus de délinquance que chez nous. Alors, pourquoi se plaindre ? Et puis François se fâche tout rouge. Il gronde à coups de nombreux "Dieu sait !" contre les grandes crises planétaires et "sur la guerre des monnaies que je pressens qu'elle arrive". Il en appelle à notre pensée charitable et se cale sur le modèle Royal nous accusant de laisser l'Afrique crever et souffrant de plus en plus de poussées racistes en refoulant les migrations des pauvres en les rejetant hors de nos frontières. "Comment voulez vous rejeter celui qui veut nourrir sa famille, ses enfants ? Il y a des continents entiers qui meurent de faim (…) 1 milliard de déracinés, des paysans surtout, qui ne peuvent plus cultiver leurs terres, qui sont devenus de vraies bombes planétaires ! Silence de tombe sur le public. Le rossignol ferme sa gorge. François assène. "Il faut imposer un but international, que ces peuples soient conduits à l'autosuffisance, à un marché commun et que nous ne les écrasions pas sous nos propres intérêts !". Pause de secondes aphasiques. Difficile de ne pas être d'accord. François est bon. Il le sent. A Montpellier, il était en berne. Il faut rattraper le coup et ratatiner de culpabilité tous ces militants présents. C'est le moment. Même ce rossignol perturbateur a fermé sa gueule. Il doit certainement attendre la suite. Il se lance :

"Un jour… nous regretterons amèrement de ne pas avoir aidé nos frères ! On a des problèmes planétaires, 5000 milliards d'Euros… seul le vote de l'Europe compte, 27 inaudibles pays si nous ne parlons pas ensemble, (…) si l'Europe c'est la France, c'est que vous choisirez de bons députés européens ! Merci."

Standing ovation. Jean-Luc Bennahmias a pris le relais et le micro dans l'indifférence totale car tous se ruaient sur le pauvre buffet pendant que François suivi par une traîne de journalistes repartait vers d'autres listes à défendre.

Il me semble bien qu'il avait une fiente sur l'épaule.


Un peu de roucoulades dansce monde de brutes...

Par Cixi-Hélène
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Samedi 16 mai 2009

 

Je voulais m'acheter un petit serre-taille, pas pour affiner ma taille, elle est déjà si fine, mais pour enjoliver certaines tenues lors des joyeuses soirées amicales. Pas facile de trouver ce genre d'accessoire en boutique, je me suis donc rabattue sur le net, et, en surfant, je suis tombée sur le 6eme Printemps du Japon à Aix. J'avais complètement oublié ce festival japonais présent chaque année à cette période mais qui ne programme jamais de Butô*, cette danse japonaise dont je raffole.  

La Maison du Japon hébergée dans les locaux insalubres des l'Ecole d'Art d'Aix a dans sa cour un authentique théâtre Nô* offert par l'illustre Maître Tanshu Kano, (ne pas confondre avec un autre illustre Kano, Jigoro, fondateur du judo, je sais, vous vous en foutez), donc ce théâtre est une exception mondiale, construit dans les matériaux originaux et réalisations ancestrales où se jouent des opéras traditionnels. C'est un véritable trésor qui trône dans cette cour, merveille en bois d'Inoki (cyprès japonais, je sais…) mais une merveille abritée dans un cloaque totalement vétuste en voie de démolition qui va bientôt subir un massacre à la pelleteuse.

Sur le programme de cette inauguration, conférence, dégustation de sushis et de la pub pour une marque qui vend des serres-taille ! Je sautais sur l'occasion et décidais de m'y rendre d'autant plus que le grand maître Michihiko Suwa, producteur et réalisateur des plus illustres mangas animés in the world, y donnait une conférence.

Michihiko Suwa, c'est le dieu tout puissant de la production des animés "Nicky Larson", "Détective Conan", "Black Jack", ou encore "Inuyasha*", le genre d'incontournables où même les gothiques lolitas japonaises sont en transes à chaque nouvelle parution d'un nouvel épisode aux côtés des Cosplayeurs*, Otakus* et autres groupies qui se ruent et dévalisent en un grain de riz toutes les boutiques. Michihiko détient surtout les droits et les clés sur toutes ces cervelles juvéniles et les alimente depuis des années de séries fictions aux mondes mythologiques les plus déchirés qui soient. A Tokyo, des Otakus lui ont vraiment vendu leur âme et sont cliniquement devenus insociables. Il vivent enfermés depuis des années dans leur chambre les yeux vissés sur des écrans et entretiennent leurs névroses en tétant en continu le Net jusqu'à ce que le sommeil les empoigne de force. Je me souviens d'un reportage où la mère d'un jeune Otaku donnait à manger à son fils en lui passant sa nourriture par une trappe aménagée dans la porte…

Bref, hier, vendredi 16 mai, 17h, sous la pluie, je pataugeais dans la boue de la cour de l'Ecole d'Art où évidemment rôde toujours l'esprit du Nô tant que le théâtre sera là. Une estrade était dressée tout contre et les officiels commentaient en présence du consul du Japon le programme du festival. Maigre public sur quatre bancs, quelques fous téméraires venus se dépayser ou trouver des serres-taille comme moi.

18h. Changement de lieu. On repatauge. Conférence de Michihiko dans une salle de projection dans le bâtiment à côté.

Pendant une bonne heure dans un mini amphi, le Maître à la physionomie glabre au-delà de tous les dédains du monde, explique en japonais le pourquoi du comment de la réussite de son œuvre dans la bande dessinée animée ou écrite. Ronronnement du traducteur, la salle est éteinte. Les projections s'enchaînent. Une heure plus tard, il annonce un scoop. Les trente personnes présentes retiennent leur souffle. Ca me réveille. Il a un message de l'héroïne (fictive !) du dernier feuilleton, dont notre galaxie attend la sortie avec impatience, pour ses fans présents. Etrangement sur le qui-vive, Michihiko demande à un média local qui filmait d'arrêter l'enregistrement. Instant solennel. Mais que va-t-il se passer ? Il pointe son micro sur son portable d'où jaillit une voix crécelle de petite fille asiatique. L'interprète traduit :

- Bonjour ! Comment allez-vous !  Je suis… vous allez être très surpris de mes nouvelles aventures (…)

Je ne me souviens plus du bla bla bla infantile ponctué par la traduction. Le public ne réagit pas vraiment et aucun cri d'hystérie ne fend l'exclusivité de cet évènement interplanétaire. Maigres applaudissements à la fin du scoop du BlackBerry du Maître. Du haut de sa gloire suprême, il demande alors au public avant de se quitter de s'unir à un rite que la série honore. Il fait resserrer les rangs (beaucoup sont partis pendant que je dormais) car la salle est clairsemée. Il vérifie encore que la caméra ne tourne pas et reprend son air formolé. L'interprète traduit :

- Tendez le bras, index pointé sur la tête de celui qui occupe le siège devant vous et répétez cette phrase tous ensemble en un seul cri : "Il n'y a qu'une seule vérité !"

Flottement dans la salle. Ca amuse certains mais la discipline ne les habite pas. Ici, en Europe, on ne naît pas calibré japonais. Je me redresse totalement réveillée. Lever le bras de cette façon et clamer ce slogan à multiples sens surtout fascistes n'est pas mon truc du tout ! Je ne manga pas de ce pain-là… Je me lève d'un bond et me dirige vers la sortie tout en regardant comment le Maître des cervelles va rattraper cette troupe d'amorphes.

- Allez on recommence ! Bras tendu… IL N'Y A QU'UNE SEULE VERITE !… Allez… Tous ensemble… IL… lance le bras. Les influençables lancent faiblardemment - "Il n'y a qu'une seule vérité !"

Bof...

Michihiko le sacralisé de la mangasphère a dû faire vaciller son ego car le cri des vingt Européens agrippés et des quatre ou cinq timides Japonaises fut plus rigolard que soumis à son dictat. Mais les bras ont quand même été tendus... sous les flashs d'un des gorilles du maître qui a dû prendre au moins 500 photos frénétiques pendant toute la conférence. Je suis partie en me serrant la ceinture à défaut de taille, sans manger les sushis qui m'attendaient sur l'estrade.

Pauvre de Nô


Théâtre Nô

Cosplayeurs : fans costumés comme leur héros préféré de leur série manga favorite

Otaku :  fan ratatiné...

Inuyasha : Héros mythologique (Inu : chien, Yasha : démon)

Buto : 'Art danse' en japonais


Michihiko Suwa à l'Ecole d'Art, photo perso. Vidéo Buto : âmes prudes s'abstenir... Ceux qui ont de l'humour allez-y, mais on ne peut nier le génie d'une telle création

Par Cixi-Hélène
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