Bonne année à toutes et tous !!!
Je suis en 'repos' jusqu'à dimanche 11. Retour sur le blog dès lundi, peut-être avant ... Mais on peut toujours se croiser dans la visite virtuelle de la Cité
interdite (virtual forbidden City en lien sur ce blog, j'ai le même pseudo, il faut avoir pour le télécharger une bonne mémoire virtuelle) et chater sur la neige et le beau temps... allez .. un
pti tour en Chine, non ? Je vous dirais quand j'y serais.
See you soon
C-H
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Je vais m'géner
Paris, vendredi 19 décembre 2008
Tout à côté de l’avenue Montaigne, (vous voyez, là où se fournissent les braqueurs pour leurs emplettes de noël ?) se trouve la rue François 1er. Au 26,
l’immeuble d’Europe 1. Devant l’entrée, des barrières servent à éviter tout stationnement mais surtout à canaliser le maigre public qui vient assister à l’enregistrement d’une émission
publique, comme par exemple celle de Laurent Ruquier "On va s’géner". Petit retour.
Je suis une fan de radio. J’ai laissé France culture, radio Classique et France-Inter que j'ai beaucoup écoutées pour me tourner vers d'autres au gré des sujets
RTL, France-info et Europe 1 qui a ma préférence en ce moment. Jacques Pradel tous les matins avait toute mon admiration. J’aimais sa douceur et sa constance mais il m’a trahie, car depuis la
rentrée à sa place la voix monocorde du toqué Drucker m’oblige à retrouver Jacques en début d’après midi dans son excellent ‘café crime’. Suivent les autres. Morandini incontournable pour l’actu
du jour et surtout Caroline Dublanche avec sa fine approche psychanalytique de 23h à 1h du matin. Reste Ruquier et sa bande de chroniqueurs que j’écoute plus ou moins depuis des années et j’avoue
qu’à part son évident stade anal non dépassé qui fait son fond de commerce, c’est quelqu’un que j’aime bien. Il parait être gros bosseur, intègre et très sensible. Pourquoi ne pas assister à
l’enregistrement d’une de ses émissions ? Ce fut fait par le biais du site.
En revanche ne pensez pas pouvoir choisir le jour où vous verrez vos chroniqueurs préférés. Pour ma part j’aurai choisi jeudi pour Gérard Miller. Vous postulez, on vous choisi au hasard pour un enregistrement à 11H et vous vous retrouvez parqué dehors dans le froid devant l’entrée avec une petite trentaine de personnes dont une quinzaine a plus de 65 ans.
10h45. Laurent Ruquier descend d’un taxi, lunettes fumées, passe sans un regard sur le troupeau. Je tique. Ça commence mal. Le service d’ordre pas vraiment
aimable après avoir regardé nos sacs nous encadre et nous fait monter un étage. Dans un couloir défilent les studios où passent les directs. Tiens ! Drucker derrière la vitre avec ses
intervenants ! Je sursaute. Il est tout gris. Un petit bonhomme gris, visage et cheveux. Une sorte de champignon de Paris, un monde grisâtre. Il correspond tout à fait à l’image que j’avais de
lui. Sans relief. L’hypocondriaque dans toute sa grisaille. Dans le couloir nous croisons Michel Field qui nous lance gentiment le premier ‘bonjour !'. Ah... Enfin... Il est bien mieux qu’à
l’écran... mais j’aime beaucoup Michel Field.
On nous installe dans un mini studio. A deux mètres de nous une table avec huit fauteuils et autant de micros tendus. La proximité avec les chroniqueurs est
importante. Réglages. Derrière la vitre on voit Ruquier qui consulte ses fiches. Entrent les ‘stars’.
Le public bon enfant les applaudit. Seuls, Isabelle Motrot, Jérémy Michalak, Fabrice Eboué disent un bonjour blasé. Christine Bravo arrive avec une démarche de All Blacks, queue de cheval hagarde, jean délavé, manteau gris. Elle ignore tout le monde et installe pesamment sa déprime dans un fauteuil qui en vacille. Arrive un vieux beau aux cheveux longs, gris lui aussi la mine suffisante et moue dédaigneuse, Philippe Alfonsi, (sombre inconnu pour moi) qui n’aura d’ailleurs aucun regard à l’aller comme au retour pour le gentil bétail. Chacun consulte ses notes.
Tonitruant - Bonjour messieurs dames ! Voici le big boss Ruquier. Il nous demande d’une voix rapide et pas vraiment chaleureuse d’être le plus sympathique
possible, de ne pas faire d’autre bruit que rire car des micros sont au-dessus de nos têtes. Jérémy Michalak dans ses super baskets blanc et noir vernies est le plus à l’aise. Il parle facilement
avec le premier rang du public à un mètre tout juste. Je suis au dernier, le troisième. Jérémy est assez sympa. Il vient 4 fois par semaine comme Fabrice Ebroué. Son job avec Eboué
est de sortir le maximum de vannes au bon moment. C'est la ponctuation humoristique de Ruquier. Tout repose sur cette respiration. Ils doivent assurer.
L’émission commence. Des piques concernant un alcoolisme chez Bravo l’agacent prodigieusement. Dans les plages de pubs elle remet en place le fougueux Michalak amis rien à Ruquier qui n’en manque pas une aussi. Après l’intervention d’un interlocuteur par téléphone à Phoenix en Arizona, elle réagit vertement sur le futur président en disant que "la plupart des américains qui ont voté pour lui se mordent les doigts d’avoir voté pour ce grand enc.." car dans l’actualité du jour, Obama choque l’opinion en choisissant pour dire une prière à son discours d’investiture du 21 janvier, Rick Warren, connu pour ses positions contre l’avortement et le mariage homosexuel.
Et le manège à étrons est lancé. Grosses blagues sur les femmes ‘fontaines’, tout tourne et retourne en dessous de la ceinture. Visiblement c’est le fil rouge. Bravo se vante de ‘penser comme un mec’ de les comprendre, ‘d’ailleurs je me demande pourquoi car je n’ai pas de mec !’ mais qui n’oublie pas de lever les bras pour lancer sa claque dès qu’elle a fini de parler au public si proche, qu’elle ignore.... Elle a peut-être du liquide séminal à la place du céphalo-rachidien ? Allez savoir.
Et on continue de défécations en défécations dans son froc ou ailleurs, la fausse gastro de Bravo, tout ça doit faire éclater de rire la France entière...
évidemment. Ensuite aparté sur la mort de Sevran que Ruquier a annoncée une semaine trop tôt et qui reste son "plus mauvais souvenir".
S'éveille l’illustre Alfonsi aux cheveux gras de lui-même quasi muet depuis le début. Il prend la parole et ne veut plus la lâcher car Ruquier lui a lancé le
sujet qu’il attend et qu’il a préparé : La mort de Horst Tappert, alias Derrick.
Sa description est plus que surprenante et dénote d’une bien glauque association... Dans un langage vulgaire et insipide, il associera l’acteur Tappert-Derrick à
Hitler, à cause de son physique (comprenez trop juif) "yeux globuleux, grosses lèvres, cheveux filasses" et "ses costards aussi
ternes que lui" comme étant "le cauchemar de ce pauvre Hitler". Selon lui, Tappert
serait le parfait contraire de la race aryenne que le fuhrer désirait tant "Hitler qui nous cassait tellement les c... avec sa race aryenne". Il répetera plusieurs fois "ce pauvre Hitler". Philippe Alfonsi enchaînera sur le décès de Claude Olievenstein grand psychiatre français des toxicomanes "au caractère de cochon" qu’il qualifiera de provocateur car il aurait dit :" peut-être que si je n’étais pas né petit juif, je serais devenu un nazi".
Qu'Olievenstein le dise avec son lourd passé d'épreuves est une légitime évidence. Dans la bouche d'Alfonsi avec son association Hitler-Derrick, c'est une suspecte ordure. J'aurais pu voir rouge, j'ai vu jaune. Sympathique journaliste non ?
Et j’en rajouterai encore et encore. Ah oui.. Un bref instant lumineux avec quelques secondes de 'Madame rêve' de Bashung pour illustrer je ne sais plus quoi
dans l'émission qui salutairement m'a permis d'échapper à cette médiocrité. Vous pouvez toujours aller écouter l’émission sur le site. Je ne mettrai pas le lien.
Bref, l'enregistrement s’est terminé. Je baillais d’ennui et de déception.
En quittant leur fauteuil les mêmes ont dit au revoir. Les mêmes n’ont rien dit. Christine Bravo la clope au bec a balayé de son regard d'huître torve l’espace à franchir c’est à dire trois mètres de son fauteuil à la porte, a finalement réussi sa transmission synaptique pour sortir du studio de son pas léger de docker .
Et puis regroupement du troupeau-public encadré par les vigiles en file indienne dans l’escalier. Pendant la descente une dame racontait avoir assisté la semaine
dernière à l’enregistrement de ‘Vivement dimanche’ et se plaignait de l’atmosphère méprisante et lourde très décalée de l’image impact rendue par la télévision.
Drucker se levait à chaque pose pour aller se laver les mains, salies d’en avoir serrées...


Heureusement Annie Terrier l'organisatrice talentueuse de ce grand
évènement littéraire a présenté le génial pestiféré avec une aisance et une richesse culturelle très professionnelles. On imagine difficilement le dixième de cette prouesse balbutié
par Patricia Larnaudie. L'exploit aurait été peut-être possible pour notre adjointe à la culture devant un prompteur après 6 mois d'entraînements intensifs. Bref elle a bien fait de ne
point paraître comme toute la quincaillerie vulgaire de la mairie certainement effrayée par ce parterre d'intelligences. Mais ne soyons pas méchants. Il faut les comprendre. Les plus âgés de nos
élus risquaient un accident cardio-vasculaire avec aphasie lourde et les plus jeunes un beug neurologique. Ils ont bien fait de partir dès le jeudi soir en week-end ramasser les derniers
champignons pourris ou courir faire de la voiture-tonneau (testo-choc) en bas du cours Mirabeau. D'ailleurs tout le monde était ravi de leur absence dans l'amphi de la Verrière, on en a même fait
une hola de joie !
Samedi 18, Salman Rushdie toujours accompagné de son fils (qui s'ennuyait
ferme) a de nouveau répondu avec humour et intérêt aux nombreuses questions de La Verrière en présence au premier rang, de la majestueuse Edmonde Charleroux délicieusement entourée d'éphèbes
courtisans.
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