
Vous vous imaginez, vous, vice-président du Conseil général des BdR, 70 ans, vous appelant André Guinde, avec un parcours de vieux renard des garrigues ayant trahi un peu et à jamais, non reconnaissant devant tous les rouages et avantages des subtilités de la conduite en état politique ? Mais me direz vous, la trahison est nécessaire, sinon comment progresser ?
Votre ex-grand ami dont vous étiez l'adjoint, Jean-François Picheral, n'est pas là. Il est à Paris et regarde se dérouler la nouvelle curée, lui, seul maire propre avant et après tous les passages des autres, vous si proche de cet autre félon, Alexandre Medvedowsky qui lui aussi a trahi 'Piche', trahison bien plus calculée que la vôtre il est vrai.
Et puis ce 12 juin. Vous êtes si confiant ce jour-là aux côtés du grand baron du Sud Jean-Noël Guérini qui vous veut comme candidat PS pour cette satanée mairie aixoise si dure à arracher, tant convoitée, si fragile mais à la dent si dure… Ah ! cette journée…
Tribune du Sud : "Eugène Caselli annonce en privé, que l'option Guinde n'est plus d'actualité." (…) Quelques heures plus tard, Jean-Noël Guérini, le vrai patron de la fédé, tente à nouveau d'imposer l'option Guinde. Une réunion de crise se déroule dans un des bureaux du Conseil général. Contrarié, en colère, Guérini essaie de passer en force et menace de retirer à Medvé la présidence de l'Europôle de l'Arbois".
C'est un combat de chefs qui se déroule. L'Eugène Caselli coache pour Medvé et Guérini pour Guinde. Pourquoi le grand manitou du PS cède-t-il à cet Eugène si falot ?
Il y a toujours un grand atout de réserve au moment fatidique. C'est l'arme suprême, celle qui se sort au tout dernier instant ultime. On l'agite devant l'un des chefs à abattre et il s'affaisse sans condition. Foudroyant poison. Guérini a cédé. L'atout était bon. Il faut dire que son frère Alexandre "le roi des ordures" lui pose quelques problèmes… Mais Jean-Noël a la fibre, il protège la fratrie. Un Alexandre pour un autre. Soit. Marché conclu…
Une heure plus tard du grand conciliabule, André Guinde s'est retrouvé dans cette salle miteuse des fêtes des Milles à quelques kilomètres d'Aix où la décision souveraine du PS allait avoir lieu devant 250 personnes (et non 500 !).
Quand l'Eugène Caselli a nommé son poulain à sa place, lui, André Guinde, pourtant assis, favori déjà cité dans tous les journaux (mal informés) a vraiment accusé le choc. Il ne le savait pas. On lui a annoncé son humiliation en direct live. Medvé, la moue satisfaite qui lui savait, grattait le coin de ses gros yeux de mérou et regardait le plafond crade de la salle des fêtes comme celui de la Chapelle Sixtine. Quelques remous, objections des militants Guinde contre ce choix. La photo de Sophie Spitéri illustre parfaitement le coup de massue porté à André Guinde. Il est abattu. Et puis sont venus les discours qui ressemblent à tous les autres discours de l'agonisant PS national, union, union, union, et l'intervention surprenante d'un ex-colistier de Michel Pezet (ex-candidat dissident PS aux dernières municipales) qui prend le micro et 'donne' les voix des pezétistes et en appelle à l'union, union, union. Michel Pezet est-il au courant ? On attend de lire ou voir car rien dans la presse n'a paru sur ce don généreux. Etonnante la réaction des pezétistes présents en fond de salle pas contents du tout, mais du tout, de cette intervention qui visiblement n'était pas prévue par l'un des leurs qui a donc négocié avec leur ex-ennemi et parle en leurs noms. Les amertumes se délayent. Il y a ceux qui quittent la salle, ceux qui parlent entre eux en ignorant le discours militant qui se poursuit.
Le départ de la mairie de Maryse Joissains bouquet au bras, en larmes, entourée par ses fidèles est symbolique de la tension qui règne autour de cette invalidation. Les négociations doivent être rudes, et, à mon sens, celui ou celle qui emportera dans sa besace les Verts aura le trône. Quant à Stéphane Salord, curieuse je suis de voir l'ensemble de sa liste. Beurk.
Allez ! Le nid est plein. Que les plus parjures gagnent.
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