
Par ces temps qui courent, pour s'asseoir sur le trône branlant du PS il faut avoir dans son équipe les meilleurs aboyeurs, les meilleurs tribuns, les meilleurs médias, les meilleurs barons-sponsors et briguer les présidentielles. Dans le désordre. Enfin, soit disant. Les égos sont démesurés, tout le monde hait tout le monde, on divise dans la division mais c'est tout à fait normal. Depuis la nuit des temps c'est normal. Nous vivons dans cette cinquième république des jours historiques car le grand-guignolesque trône du Parti Socialiste est moribond. Lamentable image d'une opposition agonisante qui n'a pas su évoluer, donner la parole et sa confiance aux plus jeunes qui se tournent vers d'autres voies bien plus modernes. Elle ne rassemblera bientôt plus que ses vieux militants fossilisés dans un mode d'expression et un monde qui n'existent plus depuis longtemps.
Il y a ceux qui veulent rassembler et ceux qui ne veulent pas leur ressembler car le militant a le tort de croire que l'actuel adhérent va automatiquement faire ce qu'il pense après son lent et fastidieux rabâchage. Rencontres, réunions, débats, meeting, la propagande ne passe plus par ces vieux feux de cheminée, elle ne se répand plus que devant et par un écran. Les temps ont changés. La valeur n'attend plus le nombre des années.
Le mordant du militant n'a plus l'impact d'antan sur le citoyen de gauche ou autre qui assailli par ses problèmes quotidiens et sur-informé par tous les outils du web ne supporte plus l'archaïque langue de bois qu'on lui a servi à toutes les sauces depuis qu'il est né. Il n'est plus la molle pâte à modeler qu'une génération de vieux militants pensent toujours pouvoir malaxer. Ou maîtriser. Le maître c'est lui. Il a compris qu'il est bien plus dangereux en n'allant pas voter ou en votant à l'opposé de ce qu'il pensait faire dans le secret d'un isoloir. C'est son petit pouvoir personnel, celui qui va lui permettre de régler ses comptes avec cette société indécente qui lui demande toujours plus alors qu'il a de moins en moins. Toujours de moins en moins. Ses principes, sa morale sa conscience politique, il les met ailleurs. En stand by. Les moutons de Panurge ne sont plus ce qu'ils étaient.
A cette heure-ci pour l'accès au trône putride du PS et après toutes les dernières déjections des uns et des autres, il est question de remettre ces élections à de plus honnêtes dépouillements.
Étrangement, il n'y a plus 42 voix d'écarts entre Aubry et Royal mais 18 grâce à un mauvais comptage de la fédération de Moselle mais... il paraît que la Nouvelle Calédonie n'est pas comptée. Au JT de 20H, Royal vient de déclarer qu'elle " estime très étrange de voir une candidate s'autoproclamer élue (...) " Elle s'est précipité car elle sait que les résultats se sont inversés (...) Royal demande qu'un nouveau vote soit fait car celui ci je cite, " est d'un autre age " (?)
Le feuilleton tragique du PS continue pendant que brûlent les feux de joie à l'UMP, Modem et autres à l'affut.
Tout ce qui finit mal est un bien à prendre. Je peux toujours rêver à des têtes pensantes, psychanalystes, sociologues, comportementalistes évolués, contemporains et pro de l'image attelés à ce challenge inouï d'une cure de jouvence réussie sur l'image du PS. Et qu'elle puisse pouvoir ressembler enfin au monde dans lequel nous vivons.
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